DANEMARK

Danemark ! Un goût d’inachevé…

Arrow
Arrow
ArrowArrow
Slider

Rødbyhavn, Danemark, nous voilà !

Les 45 min de bateau sont trop courtes pour pique-niquer, faire notre vaisselle, notre lessive, dormir, écrire dans notre carnet de bord… nous tardons à partir et nous voilà les derniers, face aux énormes camions qui embarquent déjà. Oups…

La pluie refait son apparition et commence à miner notre moral, déjà attaqué par la fatigue et l’enchaînement des journées à vélo. A quand l’été ? Il suffisait de demander : le temps change radicalement et nous trinquons en fin de journée en terrasse, au mignon petit port de Guldborg, à l’obtention de nos visas mongoles! Le soleil ne nous quittera plus pendant une semaine ! Nous découvrons un peu honteux que le Danemark a encore des couronnes… Le coût de la vie y est cher ce qui calmera vite nos envies.

L’intérieur du pays semble sans intérêt… des champs à perte de vue… nous pédalons le long des routes principales… je suis déçue. Heureusement, Tage, nôtre warmshower et musicien de l’orchestre philharmonique de Copenhague, nous conseille un autre itinéraire pour rejoindre Copenhague. L’étape du lendemain est déjà énorme mais nous privilégions la beauté des paysages au nombre de kms. Nous battrons ainsi une nouvelle fois notre record : 145 kms en une journée et 3000 au compteur général ! Nous ne regrettons pas la route par les îles de Bogo et Mon, fières de cette étape, contents de tester nos limites… nous serons frustrés de ne pouvoir en faire le tour ~ cette partie du pays est de toute beauté ~ Benoît finira avec une tendinite au tendon d’Achille, et nous mettrons beaucoup de temps à récupérer…

C’est loin d’être le pays plat et celui du vélo qu’on imaginait. Les dénivelés sont doux mais réguliers, et les pistes assez inexistantes… à part à Copenhague bien sûr ! Cette ville est bien trop grande et intéressante pour les trois jours que nous lui réservons et le grand besoin de repos que nous avons. Après 10 jours de vélo non stop, 2 grosses étapes, pas mal de bivouac et d’humidité, nous savourons les grasses mats, les machines à laver, la glandouille. Une fois de plus le réseau AFS fonctionne et Gry, coordinatrice, nous prêtera très gentiment son appartement pendant son absence ! Sans même se connaître, incroyable.
Nous passerons notre dernière nuit dans la colloc d’Helga, une amie de Mareijke, avec qui nous parlerons politique, agriculture, société…

Le premier jour nous visiterons l’improbable quartier de Christiania :  autoproclamée « ville libre de Christiania », fonctionnant comme une communauté autogérée, fondée en septembre 1971 sur le terrain de la caserne de Bådsmandsstræde ce quartier est une des rares expériences historiques libertaires toujours en activité en Europe du Nord. La cité compte près de 1 000 habitants sur 34 hectares, possède sa propre monnaie et toutes sortes d’activités culturelles et sportives (y compris centre équestre) et ils ont même leur propre fabrique de vélo ! Contrairement à nos habitudes, nous n’avons pas de contact sur place et nous repartons frustrés de ne pouvoir échanger avec les habitants, et remplis de questions. Émerveillés aussi, qu’un tel quartier existe, une sorte de ZAD légalisée.

Benoît prendra son vendredi pour aller rencontrer Yoann, de Vélomobile Center, à Venløse, tandis que je  profiterai de l’appart pour me reposer et faire 2-3 bricoles. Le soir nous retrouvons Tage devant l’étrange lieu que sont les jardins de Tivoli : une des attractions majeures de la ville. Il s’agit d’un parc comprenant de nombreuses attractions (montagnes russes, divers trains, tapis volants…) mais aussi des restaurants, des expositions, des concerts, etc. Tage nous offre gentiment 2 places pour y entrer, ce que nous n’aurions jamais fait sans lui. Merci ! Si on oublie le côté temple de la consommation, c’est un espace culturel varié et une ambiance féérique la nuit.

Le samedi nous visiterons plus globalement la ville, mais au pas de course, faute de temps. 2h de vélo qui nous donneront l’envie de rester plus longtemps dans cette grande Capitale pleine de surprises. Nous pédalerons jusqu’à la fameuse petite Sirène, statue de bronze perchée sur un rocher dans le port de Copenhague, elle est l’emblème de la ville. Ainsi nous aurons vue les trois attractions majeures de la ville et pouvons cocher Copenhague dans notre liste des Capitales visitées ! Mouai… ça nous laisse un goût amère d’inachevé.

Le dimanche nous reprenons la route, Berlin et nos passeports nous attendent. Encore fatigués de notre dernière cession de vélo, frustrés par cette visite qui nous paraît superficielle et incomplète, inquiets à l’idée de faire rentrer le tandem dans le train, nous voilà refoulés à la frontière Suédoise ! Nous espérions basculer en Suède pour regagner l’Allemagne : gonflés à bloc pour faire rentrer le tandem dans le train, nous voilà stopés par la douane avant même d’avoir atteint le quai ! Merci la Suède d’avoir rétablie une frontière dans un espace Schengen qui prône pourtant la libre circulation des personnes. Merci la France d’obliger ses citoyens à voyager avec des cartes d’identités périmées, certes valables encore 5 ans après la date de péremption, mais en France seulement… sans effet pour l’étranger. « Si je peux me permette la France est ridicule » dixit la douanière. En espérant que notre mésaventure serve à d’autres…

Plan B, nous retraversons une nouvelle fois la ville pour prendre un train depuis la gare centrale direction Nykobing au sud du pays, ce qui nous évite de faire le retour à vélo. De là nous pédalerons jusqu’à Gedser où nous prendrons le Ferry pour rejoindre Rostock et retrouver l’Allemagne.

*****

Les capitales du vélo

Amsterdam et sa grande sœur Copenhague se tirent la bourre pour être la première ville cyclable du monde. Voilà 2 années de suite que cette dernière est nommée « capitale internationale de la bicyclette ». C’est un titre honorifique mais qui montre combien ces villes ont tout fait pour faciliter le déplacement du 2, voire 3 roues pourvu que ça ait des pédales. Quand on demande à un habitant pourquoi il utilise le vélo, il répond « parce que c’est le plus rapide et le moins cher… ». Nous sommes loin des convictions soit disant écolo de nos amis européens du nord.

A partir du moment ou vous avez l’infrastructure cyclable alors tout est possible : transport de marchandise, transport d’enfants, de touristes, d’animaux, livraisons, distribution de courrier et même des voyageurs en tandem avec remorque !

Quand c’est l’heure de pointe, c’est alors 3 salves de passage au feu tricolore qu’il faut attendre avec son vélo, pied sur les marquages pour passer le carrefour. Virginie me dit : « Il faut passer son permis vélo ici ! »

« C’est toujours mieux qu’autant de voitures avec une unique personne » argumente un danois en ajoutant : « c’est ce que tu as à Paris ». Les villes sans trop de voiture semblent aérée et l’air est respirable. Le vélo à assistance électrique permet aux anciens de circuler aussi. Alors, qui veut encore rouler en ville en voiture ?