Roadtrip to Cairns

Mots clés : soleil, horizon, magie, animaux, baignades, visites, cascades, eaux chaudes, route, étoiles filantes.

Attention, l’Australie se résumant quand même beaucoup au mot « nature », les photos n’en sont que le reflet. Pour ceux qui n’aiment pas les photos d’animaux – s’abstenir !

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Nous prenons la route avec une ribambelle de contact pour faire du Workaway/Wwoofing. Direction Cairns, sur la côte Est ! Presque l’impression de quitter la maison et de partir en vacances ! (3 semaines dans les alentours de Darwin, c’est presque du jamais vu). Nous avons une vingtaine de jours devant nous, et grâce au camion nous pouvons nous permettre de prendre notre temps et de faire quelques détours. Youpi !

Nous passons par le parc national de Litchfield à sauter d’une chute d’eau à une autre. Le Parc, si petit sur notre carte, est immense et nous mesurerons peu à peu le gigantisme du pays. Pour l’anecdote, Darwin est plus proche de cinq capitales étrangères que de Canberra ! Nous passerons quelques jours avec Charline et Florien, deux cuistos français, qui nous narrerons leurs aventures professionnelles. Nous découvrons avec eux le monde de la cuisine étoilée, et notamment celui du Flocon de sel à Megève. De la Grande Cuisine mais avec de bons produits locaux. Passionnant, nos papilles sont en émoies !

Ils nous font tous un peu peur avec leur désert et leur no man’s land, alors nous ravitaillons le camion comme à la veille d’une transat. A raison de 80kms/h pour des raisons économiques et écologiques, la vitesse nous laisse le temps d’apprécier un paysage peu diversifié… toujours aussi cramé. Tout de même nous quadruplons notre vitesse moyenne, et ça change complètement l’organisation du voyage et la perception des choses. Si pour certain(e) c’est l’éclate, pour d’autre l’adaptation est plus difficile. Sentir les éléments manque. Cette boite de conserve aussi confortable soit-elle n’offre pas les sensations du cyclovoyage et les rencontres font défaut. Sans parler de la consommation de carburant… aïe aïe aïe… N’empêche que pour des tas de raisons, le camion, ça a du bon ! Sur la route nous croiserons quand même des héros : un couple de quinquagénaire qui est passé près de chez nous l’été dernier. Rendez-vous est pris à Melbourne. Un jeune allemand voyageant seul. Et un couple de… tandémiste ! Nos premiers. Nous passerons plus d’une heure à bavarder avec eux autour d’une pause café (made in camion), sur la route, en plein milieu de nulle part. Ils ont quitté leur Italie natale il y a 3 ans pour parcourir le monde. Quelle rencontre ! Dommage, nous n’allons pas dans la même direction. Ces 5 cyclovoyageurs rencontrés sur ces routes désertiques nous laissent songeurs. Si les rencontres se font moindres, elles se font parfois plus marquantes. Notre nouveau destrier a l’avantage d’être un 3 places cette fois, ce qui nous permet de partager quelques kilomètres avec des auto-stoppeurs. Konstantin, jeune russe baroudeur, nous offrira sa vision du monde et de sa Russie. Vision qui précise toujours un peu plus l’idée que nous en avons maintenant, différente de celle détenue par l’occident.

Nous jouons aux touristes et nous arrêtons aux quelques spots que la route offre aux voyageurs : source d’eau chaude de Bitter Springs à Mataranka, bar mythique de Daily Water. A part les « train trucks » (train-camion à 3 voir 4 remorques) et les caravaniers/campings-cars nous ne croisons pas grand monde. La route est si peu empruntée qu’un véhicule sur deux nous saluent ! La plupart des engins montent vers le Nord pour trouver chaleur et soleil hivernal. Malheureusement il ne nous est toujours pas possible de rouler de nuit… comme à vélo nous vivons donc avec le soleil. Kangourou, vaches, il est fortement déconseillé de rouler après le soleil couché, surtout sans par-buffle. Nombre de voyageurs ont plié leur van ou effectué de grosses réparations à la suite de conduite nocturne. Les animaux semblent attirés par la lumière, et le nombre de marsupiaux écrasés est indescriptible. Il nous est même arrivé de voire une maman et son petit expulsé sur le bas côté. C’est vraiment triste à voir. Les rapaces s’en donnent à cœur joie. Ils sont bien dodus !

Chaque soir nous rejoignons les « FreeCamp », des aires de repos gratuites, avec ou sans toilettes, où chacun peut passer la nuit. Nous les trouvons grâce à l’application smartphone gratuite « Campermate », la bible du voyageur en camion.

A Elliott City ce sera le drame. « Quelqu’un » oubliera la balise à la station service. Malgré tous nos efforts, nous ne la retrouverons pas. A Threeways nous piquerons plein Est et découvrons de nouveaux décors. Sur la Barkly Hightway nous connaîtrons nos premiers bivouacs magiques. Certain dise que c’est le petit prince qui allume ces millions d’étoiles et dessine la voie lactée. Ici le ciel semble infini, et nous prenons conscience de la rondeur de la Terre. L’horizon est si dégagé qu’il n’y a pas de doute que la Terre est ronde. Les aurores et crépuscules semblent suspendre le temps. Au petit matin chacun reprend la route. C’est drôle de se croiser/doubler à longueur de journée et de se retrouver le soir aux mêmes endroits. Les australiens sont très amicaux et simples. Alors que nous crevions de chaud quelques jours auparavant, les nuits sont devenus très fraiches, 11 degrés au réveil. Nous ressortons les affaires d’hiver que nous avions enfoui au Laos 6 mois auparavant. Les villes apparaissent comme des champignons. A quelques kms rien n’annonce qu’il y a de la vie humaine. Certaines nous paraissent sans charme et faites de bric à braque. D’autres semblent tout droit sortie des décors de western des studios Hollywoodien.

Nous franchissons la frontière du Queensland. Bye bye le « Territoire de l’Outback ! » Après Mountisa nous bifurquons plein nord et prenons la petite piste qui mène au lac Julius. C’est parti pour 2 jours de rodéo à 30km/h, où nous réalisons notre rêve depuis des mois : se retrouver seul dans un silence total. Nous rencontrerons nos premiers vrai Kangourou – bien plus majestueux que les mignons wallabies – et slalomerons au milieu des troupeaux. MAGIQUE. L’impression d’être en safari mais en pleine nature et seuls au monde. Si la piste est capricieuse nous ne regretterons pas cette petite escapade.

A partir de Normanton le décor change ! Nous rejoignons la Savannah Way. Nous aurions aimé la prendre dès le début, ce qui nous aurait valu moins de km, mais elle n’est pas toujours goudronnée et la taule ondulée trop présente. On nous a déconseillé de la prendre, la saison sèche n’étant pas assez avancée. La verdure recolore doucement le paysage. L’herbe se fait plus haute. Nous retrouvons les crocodiles. A Georgetown nous faisons un petit détour par le sud, pour aller voir les gorges de Copernic où des wallabies se dorent la pilule sur les rochers. La route est chaotique mais splendide. Benoît se trouvera au mauvais endroit au mauvais moment. Il assistera impuissant à la percution d’un zebu par un « train truck ». La vache fera quelques mètres en l’air avant de s’écraser sur le bas côté. Il faudra l’achever au marteau… La vie « into the wild » ce n’est pas drôle tous les jours.

Après Mount Surprise nous faisons un petit arrêt au Kalkani Crater. L’horizon est désormais habillé de vieux volcans, la route ondule, et connaît des hauts et des bas. C’est splendide. Puis nous piquons à nouveau plein nord, traversons Mount Garnet, déjeunons aux Innot Hot Spring : des sources d’eaux chaudes qui peuvent être brûlantes ! Sans nous en rendre compte, nous voilà arrivés dans la région des Tablelands, qui n’a plus rien à voir avec ce que nous connaissons de l’Australie depuis un mois. Mais ça, ce sera pour le prochain épisode !

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