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De retour en Europe !

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Espagne – Catalogne ?

2 mars, 21h… nous touchons le sol européen… in – croyable ! Outre les retrouvailles avec notre vieux continent, ce sont surtout les grandes retrouvailles avec les parents de Virginie. Personne ne parvient à réaliser ce que nous vivons. Les deux années qui nous séparaient paraissent s’envoler, c’est comme si nous ne nous étions jamais quitté !

Tous les bagages ont suivi, mais nous découvrirons que la remorque a morflé : roulette tordue et coque impactée. Oh les sagouins. On charge le berlingot (on apprécie de ne pas devoir, pour une fois, remonter le tandem dans l’aéroport, surtout à 21h après 40 heures de voyages.) C’est parti pour un week-end à Barcelone dont le mot d’ordre sera : plaisir ! Confort d’un airbnb, restau, discussions et visite sous un soleil méditerranéen : Las Ramblas, la vieille ville, le port, l’improbable Sagrada Família (célèbre basilique dont la construction a commencé en 1882. Œuvre inachevée de l’architecte Antoni Gaudi, il a conçu une minutieuse symbologie qui fait de cet édifice un « poème mystique ».)

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Petit cours d’histoire géo :

Barcelone c’est la deuxième ville d’Espagne (en termes de population, d’économie et d’activités). Située sur la méditerranée, elle est bordée à l’ouest par la serra de Collserola (chaîne de montagne). Son importance dans les domaines de la finance, du commerce international, de l’édition, des arts, du divertissement et des médias, en font une ville mondiale.

Quel bonheur de retrouver l’architecture européenne : ancienne, diversifiée, typique… moi qui n’est jamais été attirée par cette discipline, j’en viens à me dire que je ne pourrais habiter en Australie (dans un pays jeune) rien que pour l’Architecture. Mes yeux se régalent. Nous sommes heureux de réentendre des langues latines et de se remettre à l’espagnol, même si nous sommes ébahis du nombre de français. Nous nous sentirions presque chez nous. Célia, la frangine, nous fera la surprise de débarquer le lendemain de notre arrivée. Un A/R express de 24h pour immortaliser ces retrouvailles.

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Lundi 5 mars… la bulle éclate, la fête est finie, cette parenthèse n’était qu’un avant goût de ce qu’il nous attend. On croyait quoi ? La vraie arrivée, ce sera le 1er avril, à Arvert. Pour atteindre la terre natale de Benoît, il nous faut remonter en selles, et parcourir nos derniers 1000 kilomètres ! Rien que ça… bizarrement je repartirai avec une sorte de mini gastro sûrement plus psychologique que virale…

Si la neige nous a épargné, la pluie nous accueille dès nos premiers tours de pédale. Nous zigzaguons tant bien que mal à la recherche des pistes cyclables et autres petites routes, pour éviter la nationale de bord de côte. La petite étape initialement prévue se transforme en moyenne-grosse étape (comme souvent). Nous traverserons une zone agricole bien cachée et rencontrerons sur la piste des ouvriers africains à vélo. Nous parlons peut-être la même langue, mais c’est à coup de « hola », de sourire, et de main agitée que nous nous saluons, mutuellement surpris et amusés de nous croiser à deux roues ici. Nous nous croyons dans un documentaire Arte qui enquête dans la région d’Alméria…

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Le soir, à cause d’une mauvaise organisation de notre part, nous échouerons notre tente dans une friche derrière le super marché Dia de Canet de Mar… Si à la question « avez-vous eu peur pendant le voyage ? » nous répondions un jour plus tôt « non », pour la première fois il nous faudra attendre accroupi un petit moment avant de déplacer notre bardas et pouvoir monter la tente un peu plus sereinement. Cette friche est le point de rendez-vous d’hommes qui ne cessent de faire des va et-vient en voiture et de s’enfoncer à pied dans les bosquets. Nous n’en saurons pas plus, et tant mieux. Personne ne nous verra, et nous passerons une « bonne » nuit.

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Nous longeons la côte de la province de Gérone et sommes plutôt agréablement surpris par cette partie de la Costa Brava. A Lloret de Mar, grosse station touristique, nous préférons la jolie Tossa de Mar. Après une bonne douche chaude gratuite dans la piscine municipale, nous planterons la tente sous la pinède. Un bivouac comme on les rêve. Nous serons surpris en pleine nuit par un gros orage qui raisonne sur les falaises… « En plein mois de mars ? Alors qu’on se les caille ? C’est quoi ce pays ? » « As-tu déjà entendue une pluie si lourde ? » Au réveil, quelle n’est pas trop surprise de découvrir que la grêle nous est tombée sur la tête ! De beaux petits grêlons décorent le pourtour de notre tente… alors celle-là on nous l’avait jamais faite encore ! Malgré le froid saisissant, c’est splendide, et nous sortons sourire aux lèvres, amusés par ce tapis blanc.

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Les montagnes russes qui nous séparent de Palafrugell sera pour moi l’une des plus belles routes du voyage. La côte rocheuse, les villages perchés, la couleur de l’eau, et ce soleil qui nous réchauffe, nous fait avaler les côtes avec le sourire. La circulation se fait rare, et les cyclistes de route sont de sortis. Après deux ans de voyage, le mental n’est plus assez fort (paradoxalement ?) pour pique niquer dehors par 10°C, et nous nous réfugierons dans de petits restau le midi, profitant des prix espagnols. Je pédale la plupart du temps en doudoune, bonnet, gant… et le besoin de se réchauffer se fait pressant.

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Nous passons la nuit chez nos premiers wamrshower : Alba et Biel. Très belle rencontre, qui nous permettra de mieux comprendre la problématique catalane ! Et oui, il n’y a pas de doute, plus qu’en Espagne, c’est bien en territoire catalan que nous avons atterri. Dès Barcelone les drapeaux et autres messages politiques étaient fièrement affichés un peu partout, et annonçaient la couleur. Ici, on ne parle pas le castillan mais le catalan, mais comme ils sont forts sympathiques, personne ne nous le reprochera. Nous avons suivi « de loin » les tristes événements qui ont secoués la Catalogne à l’automne dernier et étions avides de découvrir et comprendre la réalité locale.

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Catalunya :

La Catalogne est une région historique d’Espagne, régie par un statut d’autonomie dont le premier date de fort longtemps (bientôt une centaine d’année), et le dernier de 2006. Cette région représente 6 % de la superficie du pays et 17 % de la population. La crise économique et du logement des années 2000 et 2010, ainsi que la décision de Madrid d’invalider plusieurs dispositions du statut d’autonomie, entraînèrent d’importantes tensions sociales et politiques. Cela aboutit à la montée du mouvement des Indignés et de l’indépendantisme catalan. Dès 2015 une déclaration sur le lancement du processus d’indépendance est adoptée par le parlement catalan. Un référendum pour l’indépendance fut organisé le 1er octobre dernier, dans un contexte de vives tensions avec l’État espagnol, qui déclara cette consultation illégale. Le parquet ordonna aux forces de police d’empêcher sa tenue. Malgré l’interdiction, des milliers de Catalans se sont massés dans les bureaux de vote pour participer, entraînant des heurts avec la police. Bien qu’étant soutenu par l’essentiel de ses homologues européens, le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy sera vivement critiqué dans la presse internationale pour l’ampleur de la répression… Encore une fois la violence policière commandée par l’Etat montre que cette stratégie ne peut aller qu’en sa défaveur. Car cette répression, dont beaucoup semblent encore traumatisés aujourd’hui, a provoqué un malaise en Europe. Aux yeux de beaucoup, la réaction de Madrid a légitimé la revendication indépendantiste et affaibli la position du gouvernement. Nous serons choqués du témoignage d’Abel et Biel, dans un pays qui se dit démocratique, dans une Europe des droits de l’homme, dans une région frontalière à la France… Tout peuple désirant sa liberté n’aurait-il pas le droit de la demander démocratiquement et pacifiquement ?             Le « oui » à l’indépendance l’aurait emporté à 90% (pour un taux de participation de 42,3%.). Nous apprendrons que beaucoup d’espagnol sont venus s’installer dans la région ces dernières décennies. Le 27 octobre 2017, la Catalogne engage alors un « processus constituant » pour se séparer du pays, tandis que le Sénat espagnol autorise quant à lui la mise sous tutelle de la région.

Les raisons de cette évolution sont multiples, elles tiennent pour beaucoup au fossé qui n’a cessé de se creuser avec le reste de l’Espagne, au point de conduire une partie de la population espagnole à développer une réelle hostilité à l’égard des catalans. Perçus comme arrogants, leur particularisme linguistique est de plus en plus difficilement accepté. De leur côté, les Catalans ont le sentiment d’être méprisés et s’estiment abandonnés par l’Etat. Au-delà des facteurs émotionnels, culturels ou linguistiques, c’est la question des chemins divergents empruntés en matière de choix économiques par Madrid et Barcelone qui est au cœur du conflit. Aujourd’hui c’est statut co. Ici on parlerait presque d’occupation… Les catalans, choqués, secoués, émus par la condition de leur prisonnier politique, orphelin de leur président, souhaitent toujours l’indépendance mais semblent perdus. Amers, jamais ils n’auraient imaginé l’ampleur de la réaction de Madrid.

Nous repartons avec plus de sympathie encore pour ces voisins européens. Nous suivons une partie de la Pirinexus, la route cyclotouriste catalane, qui rejoint la Catalogne espagnole à notre Catalogne française. Nous finirons par nous en détourner pour prendre le tout petit col de bord de mer dels Belitres (col des Balistres). Nous traversons villages et champs arboricoles. Nos cœurs battent la chamade à réentendre le chant des mésanges. Nous saluons avec émotions nos premières cigognes. Et nous exclamons devant un écureuil audacieux qui failli passer sous nos roues. C’est magique de retrouver la flore et la faune de « chez nous ». J’attends avec impatience le chant du merle. Nous serons surpris par le nombre de bâtisse abandonnée, la quantité de vieilles pierres, les églises et autres châteaux historiques. C’est excitant d’être dans un pays vieux, chargé d’histoire.

A Roses nous passerons la nuit chez notre 2ème warmshower. Carmen, la cinquantaine, médecin, est cyclovoyageuse expérimentée depuis quelques années. Elle nous tiendra le même discours que les premiers sur le contexte politique. Quelle chance d’avoir pu dormir chez eux. Warmshower est décidément le meilleur moyen en occident pour rencontrer les locaux : avoir le temps et la langue pour échanger, comprendre, s’informer. Sans ce réseau nous serions passés à côté. En journée l’accueil des catalans était chaleureux, et un vieux monsieur viendra même nous aider à réparer notre crevaison… mais les échanges se veulent trop courts, et très pratico-pratique, pour se familiariser réellement avec la vie locale.

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Vendredi 9 mars… 12h… Après deux ans de voyage en Europe, Eurasie et Océanie, nous voilà aux portes de la France. Nous sommes à Portbou. Cette ville semble avoir perdu sa splendeur d’antan et c’est plutôt tristounet à voir, même si ça lui donne un certain charme. La frontière sous les yeux, nous sommes incapable d’appuyer sur les pédales. Chafouins, indécis… Non, nous ne sommes pas prêts, c’est trop tôt ! Nous sommes tendus, agacés, confus. Qu’à cela ne tienne, le voyage c’est l’aventure, nous décidons donc de poser nos sacoches chez Carla, et reportons la traversée à demain. C’est bien connu, la nuit porte conseil. Carla, nous l’avons rencontré sur la plage, grâce à Isabelle, une française de passage à Portbou. Curieuse, chaleureuse, intriguée par notre monture, elle nous accoste, et après quelques minutes, nous recommande d’attendre ici Carla. Nageuse arrivant du large, Carla rêve d’un tour du monde à vélo : coïncidence ? Quelques échanges plus tard, nous voilà dans son appartement à boire du thé et à refaire le monde. Finalement, nous y resterons la soirée et la nuit. Une merveilleuse étape, qui restera longtemps gravée dans nos cœurs. Qui a dit que le voyage était fini ? A quelques centaines de kms de l’arrivée, la magie continue d’opérer… nous voilà rassurer. Cette nouvelle rencontre hors du temps, à l’image de notre voyage, nous donnera l’envie de continuer. 24 heures plus tard, c’est tout excité que nous franchirons la 19ième et ultime frontière. Carla nous escortera même jusqu’aux pointillés.

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Ce col routier transfrontalier relie Portbou à Cerbère. Il a été l’un des principaux lieux de l’exode des républicains espagnols après la victoire des troupes franquistes en 1939. Près de 100 000 personnes ont passé ce col pour se réfugier en France et dans les pays latino-américains. Un mémorial leur rend hommage. 165 mètres d’altitude… autant dire que des cols comme celui-là, c’est quand vous voulez ! La montée se fait rapidement… « Francia 1km… » nous attendons avec émotions le fameux panneau… l’ultime… la dernière photo frontalière… Mais arrivés au « sommet »… le panneau semble avoir été dérobé ! Bienvenue en France !

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DOHA – escale en Capitale Qatar !

Hobart – Doha… où comment nous avons failli laisser le tandem et la remorque en Australie.

Ce que personne ne nous a dit, c’est que le premier vol Hobart – Melbourne, qui ne dépendait pas d’Air Qatar mais de Jetstar, ne prenait pas en charge le transfert des bagages. En pleine file d’attente pour embarquer pour Doha, une heureuse étincelle viendra faire « tilte » dans la tête de Benoît. Il ira s’assurer que nos bagages suivent bien. Non ? Il nous faudra retraverser tout l’aéroport en courant avec nos chariots, trouver l’endroit où nous les récupérons, et prier pour qu’ils soient toujours là après avoir tourné 5h sur les tapis roulants… Heureusement ils nous attendaient sagement… Merci Australie ! Course poursuite en sens inverse… nous serons parmi les derniers à nous enregistrer. Et pour la première fois on nous demandera de peser nos bagages à main… oups… étant chaque fois en surpoids, c’est là que nous stockons malicieusement ce surplus. Heureusement l’hôtesse sera compréhensive, nous n’aurons à peser que nos sacs à dos (et non les sacs à main ni manteaux aux poches débordantes). Nous voilà en salle d’embarquement, ébahis devant l’avion de voyageur le plus gros du monde : l’A380.

Le Qatar… un monde dans le monde !

Notre vol aura deux bonnes heures de retard. Ce qui nous fera rater notre dernier avion et arriver avec 7h de retard à Barcelone. Mais avec des souvenirs en plus ! Après 15h d’avion d’affiler (finalement ça se fait plutôt bien), une chambre d’hôtel nous a été réservée, pour nous faire gentiment patienter. Vu que le déjeuner est servi la-bas, nous décidons de sortir de l’aéroport… nous revoilà avec les 500 (?) passagers et une file d’attente de 2h… rien que pour passer les douanes. Les australiens nous manquent déjà. Ici pas de bonjour, pas de sourire, pas même un son qui sort de la bouche du douanier qui ausculte mon passeport. Les jeunes pakistanais se font tous recalés. Bref, bienvenue dans une autre réalité ! Arrivés dans notre hôtel 3 étoiles (ou plus ?), notre chambre n’est pas prête. Qu’à cela ne tienne, nous allons déjeuner au restaurant de l’hôtel où c’est buffet gargantuesque à volonté ! Le sommeil et la crasse se font sentir, mais notre chambre d’hôtel n’est toujours pas prête… pas grave, nous profitons du SPA de l’hôtel. A 12h nous découvrons enfin notre suite, au 7ème étage, vu sur… un pays en construction ! Nous n’aurons qu’une heure pour profiter d’une chambre que jamais nous n’aurons les moyens (ni l’envie) de nous offrir. A 13h il nous faut repartir à l’aéroport, prendre notre dernier avion.

Le Qatar ressemble, du peu que nous en avons vu, à « du tout sur du rien ». Petit émirat en forme de péninsule, il est bordé par le golfe Persique et l’Arabie Saoudite au sud. C’est le quatrième producteur de gaz naturel du monde, le premier exportateur de gaz naturel liquéfié, et bien sûr, un grand producteur de pétrole. Mais le Qatar est aussi connu :

  • pour sa situation préoccupante des droits de l’homme (des améliorations auraient été toutefois enregistrées, notamment en ce qui concerne les droits des femmes) ;
  • pour son importante main-d’œuvre étrangère travaillant principalement dans le secteur de la construction, et dont la situation se veut alarmante ;
  • pour organiser la coupe du monde de football de 2022. Au delà de la dizaine de stades prévue à la construction… (mais qu’en feront-ils après l’événement ?) l’idée nous paraît saugrenue que d’organiser une telle compétition dans un climat désertique ! Oui parce que l’atout exceptionnel de ce pays, c’est tout de même d’être le seul pays au monde à proposer un désert aussi vaste en bord de mer…
  • comme le pays rejetant le plus de CO2 par habitant dans l’atmosphère (2012)
  • et pour être un grand ami de la France où le pays a investi des milliards de dollars. Il détient des hôtels et immeuble de luxe (la liste est longue), des parts dans nos fleurons industriels, des chaînes de télévision, le PSG…

Pays de la démesure, nous l’avons trouvé sans charme, où constructions neuves et en cours, sont bordées par des plaines stériles recouvertes de sable. Rien ne leur semble pourtant impossible : gratte-ciel, centres commerciaux, hôtels, lotissements chics, villas luxueuses, universités, musées, marinas… ce pays n’est cependant pas reconnu pour son attractivité touristique. Mais en moins d’une génération, l’émirat a connu un enrichissement sans précédent, ce qui fait de lui l’un des États les plus prospères du monde. La capitale, Doha, que nous apercevrons de loin sous une épaisse brume, aurait triplé en superficie depuis la fin des années 1990, et n’en finit pas de grignoter le désert.

Ce tableau dressé est quelque peu noir et cliché… Malheureusement, ce n’est pas en une escale de quelques heures parquées dans un hôtel de luxe (dont le personnel est étranger), ni entre deux portes de douanes, qu’il est possible d’accéder à la population, et de se faire une meilleure idée d’un pays (à part en Australie peut-être ?). Les frontières sont souvent des mondes à part. Les douaniers aiment à faire les gros bras, l’atmosphère est souvent tendue, et l’ambiance propice à la rencontre n’existe que très peu. Nous aurons juste la chance d’apercevoir un peu les alentours de Doha, et surtout d’admirer la tenue traditionnelle des hommes. Tout de blanc vêtu, ils sont facilement repérables. Leur longue tunique blanche qui descend jusqu’aux genoux s’appelle une thobe ou dishdasha. Cette dernière se porte sur un izar, un pantalon blanc ample. Sur leur tête, ils portent une ghutra. Il s’agit d’un foulard carré plié en deux, tenu par une corde noire appelée Agal. Nous ne doutons pas que le Qatar et peut-être surtout les Qatari(e)s puissent être sympathiques et accueillants. Il nous faudrait revenir…

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Quant à Qatar Airways, notre compagnie, ce serait l’une des quatre compagnies aériennes mondiales classées 5 étoiles et élue meilleure compagnie aérienne au monde ces dernières années. Bien sûr ce n’est pas pour cela que nous l’avons choisi, mais pour sa meilleure offre. Outre le prix attractif des billets, pour la première fois, nous n’avions aucun supplément à payer ni pour le tandem ni pour la remorque. Cette compagnie accepte les bagages de 30kg (quand la plupart exige un poids ne dépassant pas les 23kg) et dont la taille peut atteindre jusqu’à 3 mètres (longueur+largeur+hauteur). Autant dire que pour les cyclistes c’est la compagnie parfaite ! Nous serons enchantés par la qualité du service et admiratifs de leur menu : une dizaine de repas est proposée, et les végétariens, végans, lactose free, gluten free, ou autre « nouveau » régime alimentaire n’ont pas de secret pour eux !

Après 24 heures de vol, près de deux jours de voyage, et des chevilles gonflées (non non nous n’avons pas pris la grosse tête), nous arrivons à Barcelone avec la banane, et tous nos bagages !

« Ils sont où ? Tu les vois ? » « Non… ils sont arrivés tu crois ? Il faut chercher une caméra, ils doivent être en train de filmer ^^ »

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Prochain article : Espagne – Bienvenue en Catalogne

Le grand retour !

Le 1er mars nous embarquions pour le grand périple retour ! Après des mois à se triturer le ciboulot (poursuivre ou rentrer…?) nous voilà aux portes de l’aéroport d’Hobart (Tasmanie). Après un premier grand chamboulement dans notre voyage en mars 2017, l’idée était, après une petite escapade d’une année en Australie, de rentrer en France par l’Iran, à vélo (bien sûr), et reprendre notre voyage presque où nous l’avions laissé…

Mais voilà qu’en Juillet 2017, Benoît a reçu une proposition de son ami Pierrot de venir travailler dans un café vélo à Agen… cet appel impromptu a fait trembler une nouvelle fois l’équipe Grains 2 selles. Après des mois à tergiverser et passer par toutes les étapes possibles et inimaginables que peut composer une prise de décision, c’est seulement début décembre que nous avons tranché. Nous rentrerons dès le printemps pour nous installer à Agen !

Ainsi le 1er mars dernier, nous troquions deux années de pérégrinations presque uniquement terrestre – dont 14 000 kms à coups de pédale – contre 33 heures de voyage – dont 23 heures et 50 minutes dans l’avion. Aussi fou que ça puisse paraître, c’est presque grâce au temps enfermé dans ces oiseaux mécaniques que nous parvenons à mesurer la distance parcourue durant ces deux ans !

Serait-ce le temps de revenir sur ces deux années d’incroyable voyage ? Sur les raisons qui nous ont poussé à partir ? Pas sûr…

Nous partions pour…

  •  S’alternativer ! S’autonomiser et converger vers un mode de vie plus durable, en développant nos savoir-faire et savoir-être…
  • Se découvrir ! Mutuellement, et soi-même. S’enrichir, se développer, s’apprendre…
  • S’ouvrir ! Appréhender le monde, le vivre et le pratiquer, par la rencontre interculturelle, la vie dans la nature, le nomadisme…
  • Ralentir ! Prendre le temps d’observer, de ressentir, d’écouter, de contempler et d’avancer à notre rythme

Objectifs presque réussis !

Voilà ce que nous expliquions deux ans auparavant…

« Nous avons opté pour le vélo. Il est le moyen de transport à propulsion humaine le plus rapide qui existe ! (Études scientifiques à l’appuie). Il est suffisamment lent pour pouvoir s’imprégner de la beauté du monde, sans moteur bruyant et polluant, sans écran en verre ou en plastique qui nous éloigne de la nature et rend plus difficiles les rencontres. C’est aussi la possibilité de voyager au long court avec des budgets raisonnables, hors des sentiers touristiques si possible et avec la liberté de choisir la route empruntée. C’est un moyen de transport cohérent avec nos convictions. Il permet de prendre conscience des distances et des dénivelés. Il n’est ni trop rapide, ni trop lent. Les paysages défilent à la vitesse de nos mollets et l’environnement naturel et humain sont à portés de main ! Et puis l’effort physique est valorisé, et va dans le sens d’une meilleure hygiène de vie. Le voyage se mérite quand on est à vélo !« 

« Mais il faut bien avouer que quand Benoît s’est finalement emballé pour le vélo, mes genoux se sont mis à claquer. Tour de l’Eurasie à vélo… ah oui quand même, ne suis-je pas un peu folle ? Si je ne voulais pas entendre parler du Tandem au départ (nous allons déjà vivre 24h/24 ensemble, nous n’allons pas en plus partager notre vélo ^^) il est bien connu qu’à deux nous sommes plus forts. D’un coup, l’idée de partager un vélo m’a séduite et donné confiance ! Avec peu d’entraînement et sans grande ambition, le Tandem nous permet d’être au même niveau, plus ou moins à l’équilibre, de partager l’effort, d’être véritablement ensemble, une vraie équipe, et d’aller plus vite ! Le fort aide le plus faible et cette image nous plait. L’endurance pourra se faire progressivement, avec quelques bons jours de repos et des siestes dans les champs. L’essayer c’était l’adopter. Belle image pour un couple que de voyager en Tandem, ce double vélo devrait susciter également la curiosité et la sympathie des personnes rencontrées. Avec notre remorque, nous sommes un vrai semi-remorque ! « 

« Nous avons établi un itinéraire, plutôt détaillé, car nous sommes attendus le 18 février en Thaïlande, par la famille Trouvé ! Et figurez-vous que l’Eurasie c’est tout de même vachement grand, alors ça nécessite un minimum de projection et de planification. En se basant sur une moyenne de 70Km/jour 5 jours sur 7, une moyenne qui nous semblait bien appréciable, nous arrivions à 20 mois de voyage. Sauf qu’un voyage comme le nôtre, aussi grand, en aussi « peu de temps », ça ne se calcule pas à la louche sur google map, et en détaillant les étapes, nous avons flanché. Nous avons souhaité garder l’idée des 20 mois, ce qui est une grosse contrainte de temps. Nous ne sommes plus tout jeune et avons des projets pour la suite, et j’avais besoin d’une date retour qui ne se comptait pas en années, alors globalement nous pédalerons 5 à 6 jours par semaine, il faudra avaler un peu + de kms, prendre des portions de train et de bus, mais surtout, tenant absolument à ne pas prendre l’avion, et appliquant les principes de sobriété heureuse, nous avons dû faire une croix énorme sur certains pays dont nous rêvions (Tibet, Népal, Inde, Bangladesh). Nous nous laissons tout de même la liberté d’adapter le voyage, en fonction de rencontres et de nos envies. »

Tout était donc annoncé… le vélo a toujours été pour nous un moyen de transport pour voyager, et non une compétition sportive. C’est pourquoi dès le début nous savions que nous ne ferions pas tout à coup de pédale, mais que nous prendrions au moins le train (le transsibérien en Russie, le Transmongolien en Mongolie, et des trains chinois). Pourquoi ? Parce que nous ne voulions pas partir 10 ans, et que surtout, avec la notion de visa à prendre en compte une fois les portes de l’Europe franchies, il devient difficile de pédaler tout du long… difficile mais pas impossible ! Nous savons que certains aiment à faire des journées à 150-200 kms, ils nous ont toujours impressionnés. Au delà de la performance physique et mentale cela ne laisse, selon nous, que peu de place à l’imprévu, aux rencontres, à l’expérience (autre que cycliste) et allait donc à l’encontre de nos objectifs de voyage… Ainsi nous aimons à distinguer les cyclistes qui voyagent (cyclistes voyageurs), des voyageurs qui pédalent (voyageurs cyclistes).

Nous nous sommes rapidement rendu compte que nous avions été gourmands dans l’élaboration de notre planning, et après être partis sur les chapeaux de roue, nous avons commencé à ralentir… Nous avons fait moins de distance à vélo que prévue pour profiter davantage de certaines étapes, visiter mieux certains pays, et reposer tant le physique que le moral. Arrivés au Vietnam, nous nous sommes laissés, comme annoncé, la liberté d’adapter le voyage, en fonction des rencontres et de nos envies. Et ça n’a pas été une mince affaire ! Il ne vous a pas échappé qu’on a finalement pris l’avion pour se rendre à Bali puis en Australie, ce qui n’était pas dans nos options de départ. Au contraire… nous avions un regard sévère et critique sur l’avion et sur nous-même… Pourquoi ? Pour des raisons écologiques bien sûr. Mais aussi parce que l’on trouve plus intéressant et beaucoup moins traumatisants (quoi que) de passer les frontières par voies terrestres (ou maritimes). Nous aimons vivre au rythme des changements naturels de cultures, d’environnement (climats, paysages, alimentation…), et d’horloge, sans les chocs que produisent l’avion. Nous avons cherché à faire du bateau stop, nous nous sommes renseignés sur les voyages en cargo… et avons finalement capitulé.

Bon, mais en vrai, malgré ce record d’heures de vol à venir, impossible pour nous de faire un bilan, de se replonger dans ces deux dernières années, d’évoquer tous ces souvenirs, de mettre des mots sur nos émotions, de transformer nos pensées en paroles… Nous revoilà prêt à embarquer dans un nouvel avion… et cette fois-ci, pas de saut de puce, mais un énorme bond en avant… ou en arrière… enfin un big saut qui nous ramène de l’autre côté de la Terre, en hémisphère nord. Le moment est trop troublant, trop intense, trop perturbant, et nous préférons nous jeter corps et âmes dans les petits écrans télé des avions à nous soûler des derniers films sortis… Le temps du bilan sera pour plus tard… pour le moment, on décolle !

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Prochain article à venir : Doha – escale en Pays Qatar !

2 ans déjà !

Il y a deux ans tout pile, nous partions de chez nous, escortés d’amis et de membre de la famille, direction la Thaïlande ! Ça faisait toussoter les passants lorsqu’on leur disait cela…

2 ans déjà ! Ça paraît déjà si loin… et 2 ans plus tard ? Nous voilà tout juste rentrés de cet incroyable voyage que nous nous remercions d’avoir vécu. Réaliserons-nous un jour ce que nous avons entrepris ?

Nous voilà désormais installés à Agen pour les prochains mois… Nous sortons tout juste la tête de l’eau ou de notre bulle… L’appartement a pris forme, l’administratif est réglé, et Benoît fait déjà des heures supplémentaires au Café Vélo. Bref nous découvrons tout doucement notre nouvelle vie… avec des hauts et des bas, mais rien d’anormal… en attendant de nouvelles aventures !

D’ici là, nous espérons bien vous revoir… pour vous remercier de vive voix de tout le soutien que vous nous avez apporté, et sans lequel ça n’aurait pas été pareil ! ❤️🙏🚴‍♂️🚴‍♀️🎉🎈🎇

Nous ne mesurons toujours pas ce que nous venons de vivre, ce que nous avons réalisé… le livre n’est pas fermé qu’un autre s’ouvre déjà… mais le temps nous aidera à mettre à jour notre bibliothèque de vie.

Prochainement seront publiés les derniers articles du blog ! Quand c’est fini, ce n’est pas fini 🙂

A bientôt !

Les grains2selles

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FRANCE

FRANCE !!

Peine croyable, nous avons franchi la frontière !
Petit moment d’hésitation, serions-nous assez fous pour rentrer ?
Et oui… retrouvons-nous sur le Canal du Midi, à Toulouse, Agen, où à l’arrivée à ARVERT DANS 3 SEMAINES
CANAL DU MIDI : de Narbonne à Agen du 12 au 24 mars
TOULOUSE : pique-nique au jardin des plantes à 12h le 17 mars
AGEN : soirée au Café Vélo à 19h30 le 23 mars
ARVERT : Pique nique à Mornac-sur-seudre le 30 mars / Arrivée au Piochet à 16h
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TASMANIE : son vent, son soleil, ses touristes et ses animaux morts…

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Notre campervan vendu, nous revoilà donc d’authentiques cyclistes : non d’un diable, en avant pour la Tasmanie !

Je ne sais pas ce que ça vous évoque à vous, mais pour nous ce serait des images de nature sauvage, du vert, des forêts, des montagnes, des grands espaces sans personne, du froid ou de l’embrun. Et avec ces images naissait aussi une petite angoisse de reprendre le vélo, pas vrai Vivi ? C’est fou comment les sensations de voyage à vélo ne se perdent pas ; on dit que faire du vélo ça ne s’oublie pas et bien pour le voyage à vélo ça marche à peu près pareil, tout revient très vite au détail de la douche froide qui elle ne s’apprend jamais vraiment complètement. Faire ses sacoches, faire le plein de denrées sèches en prévision de ne pas trouver de bio facilement sur notre tracé, atteler la remorque, remettre les chaussures ou remplir les gourdes, c’est comme si nous reprenions le voyage à vélo là ou nous l’avions laissé. Ah oui, j’ai oublié de dire que nous avons des jambes de moineaux et comme on dit « ça risque de piquer… ». Nous faisons nos meilleures salutations à Suzanna. Elle nous accompagne jusqu’au ferry. C’est tout de même parfois un privilège immense d’être cycliste comme par exemple doubler toute la queue de voiture avec toutes les félicitations du staff : « good set up mates ! ». La traversée sur le « Spirit of Tasmania 2 » est un régal. Une mer calme et longue, des oiseaux, des méduses et même quelques dauphins venus nous saluer pour l’occasion.

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Nous voilà arrêtés sur un parking négociant le nombre de kilomètres à parcourir avant de poser le campement. « Si vous cherchez un endroit pour dormir, allez vous mettre derrière cette école, la rentrée scolaire est seulement la semaine prochaine… », nous lance une australienne en vacances-caravaning attendant le bateau pour l’Australie Mainland.

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Le vélo c’est dur quand on tape dedans, et la question du début revient alors en tête comme une obsession : « mais qu’est ce qu’on fou là… ». De bons dénivelés pour commencer et une odeur de charogne presque en continu ne feront qu’attiser ce questionnement. Et puis ce couple de trentenaires, surfs sur le toit, du New South Wales en van vient nous s’arrêter et nous félicite. L’échange nous remet en selle et voilà ti pas qu’un cycliste canadien nous double, lui aussi à cours d’eau. On le redouble dans la descente parce qu’on est plus lourd, il nous rere-double parce qu’on fait plus de pause que lui, on le rerere-double dans la côte parce qu’il faut dire qu’il a un bon petit bidou et on finit par le saluer parce que la faim nous creuse et qu’il est temps de casser la croûte.

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Notre expérience nous aura montré que la Tasmanie en fait, c’est une canicule, un climat très sec (à cette époque de l’année et sur la côte est), une nature sèche, et ce n’est pas qu’un territoire vierge pour amoureux de nature sauvage. Ces dernières années, l’immobilier est en hausse vertigineuse et avec plus de 20% l’année passée ! C’est une bonne preuve de l’engouement que suscite l’île après avoir été un petit paradis calme et naturel. Il faut dire qu’on pédale dans le nord et l’est du territoire et que la partie ouest a l’air d’être mieux préservée. On se connecte pourtant à plusieurs reprises sur des militants et associations dénonçant tous les projets d’exploitation de la forêt ou de projets de mines. La pression immobilière amène aussi son lot de controverses et d’avidité.

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Au passage, nous serons presque contents de payer 27$ notre entrée pour 2 dans le parc national du Freycinet pour 24h. La seule façon de préserver semble le passage par le guichet obligatoire et la présence de Rangers pour être sûr que vous repartiez bien avec vos déchets et que vous marchez bien sur les sentiers. Autre controverse ici ce sont les élevages de saumons. « Je suis 80% pour et 20% contre » nous dira Konrad notre ange gardien nous ayant pris en stop pour échapper au « col de la mort ». Oui, c’est une manne d’emplois importante mais c’est aussi une destruction de l’environnement à terme, sans parler de la qualité du poisson produit. Du saumon bon marché veut aussi dire une alimentation désastreuse écologiquement et pour la santé ainsi qu’une surconcentration imposant l’utilisation d’antibiotiques et autres molécules de synthèse bien sympas. Cette équation (Environnement + Economie + Respect du vivant + Qualité de vie) semble une nouvelle fois de plus être insoluble. Mais au fait, pourrait-on produire moins de saumon et de meilleure qualité, permettant de préserver la santé des consommateurs et assurant des emplois ici ? Et bien oui, mais le consommateur devra la payer plus cher, ou bien … en acheter moins ? La solution nous semble pourtant s’imposer d’elle même… Ce n’est pas l’avis du parti libéral qui fait ici une campagne d’une agressivité qui nous laisse sans voix : « Le parti travailliste et les Verts pensent que vous êtes stupides. Qu’est ce qu’ils vont encore nous sortir ensuite? Ne les laissez pas vous dire ce que vous devez faire ! ». Outre les pancartes dans la rue, ce sont également des spots télé et des grands posters sur de nombreux portails de maison. On sent ici plus qu’ailleurs que les intérêts financiers sont très puissants et que la nature est aussi là pour que les investisseurs puissent se servir.

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On nous raconte que l’île a été un temps un bon candidat pour accueillir les juifs du monde entier et construire ici le projet sioniste. C’est assez fou de penser ce que ça aurait pu donner, économisant probablement bien des souffrances.

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Nous ferons sur ce grand territoire de magnifiques rencontres avec de « vrais personnages » (comme ils disent ici) ! Bruce et Clare, eux, ont acheté un petit lopin de terre il y a plus de 30 ans. Ils ont construit une ferme de maraichage bio livrant sur toute l’île. Ils emploient aujourd’hui 6 personnes et produisent des « vegies » et fleurs de qualité. Ils sont tous les 2 originaires de New-Zélande et nous racontent comment l’intégration a été incroyablement difficile. Merci pour cet accueil improvisé ! C’est aussi dans la ferme quasiment autosuffisante de Roger et Gaie que nous nous sentirons si bien. Animaux, légumes, miel, chauffage au bois, électricité du barrage ou eau de pluie, rien n’est laissé au hasard. « Plovers Barrow » est une ferme de famille que Roger a hérité de son père. Ils ont décidé avec Gaie d’être autosuffisant il y a 10 ans et ils s’en sortent plutôt pas mal. Ils doivent faire une course de sec par mois et vident leurs poubelles 2 fois par an ! « L’effet bénéfique quand tu es presque auto-suffisant c’est que tu n’as besoin de rien et donc que tu n’as pas besoin d’avoir de gros revenus ». Le principal des dépenses passe dans la voiture, internet ou du matériel qu’ils ne peuvent se fabriquer. Pour nous c’est un plaisir d’être avec ces personnes 100% disponibles et non préoccupées par leur activité professionnelle. Nous parlerons des heures durant et recevrons de nombreux conseils. Merci pour cet échange, cette générosité et cette énergie. Nous repartirons avec les papilles en extases et des sacoches remplies de légumes. Merci merci !

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Mais qu’est ce que c’est que ces pancartes « Biosecurity Zone, Trepasser will be persecuted » souvent accrochée à l’entrée des fermes ? Vu d’ici, effectivement ça ne motive pas à entrer, et c’est l’effet voulu ! La Tasmanie est encore un des rares endroit dans le monde à l’abri de certaines contaminations naturelles ou chimiques. Ils ont par exemple la chance de ne pas avoir de varois, le parasite des abeilles. C’est principalement pour cette raison qu’il est difficile de trouver du miel bio en Europe là ou ici c’est la norme. Mais jusqu’à quand ? Nous les premiers, nous n’imaginons pas qu’en amenant des roues de vélo sales ou en jetant une peau de banane nous pouvons contaminer et diffuser un champignon, un parasite ou tout autre petit animal nuisible. L’Australie ne rigole pas avec ça et nous les comprenons, la Tasmanie c’est le cran au dessus.

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Avez-vous une « mamie gâteaux » ? Et bien nous on a en une et elle s’appelle Mamie Mila (Ludmila). C’est ce genre de personne qui parle fort, vous rempli votre verre et votre assiette sans même que vous vous en rendiez compte et vous accueille chez elle les bras ouverts et le frigo aussi. Après l’enfer tasmanien, nous avons trouvé ici un petit paradis. Elle habite à Old Beach, une banlieue de Hobart dans une petite maison avec une vue incroyable sur la baie de la capitale tasmanienne. Nous nous sentons « comme de petits oisillons dans un nid ». Mamie Mila est d’origine polonaise et a peaufiné ses bons petits plats. Ici tout se fête et se célèbre à coup de shoots de vodka. Je ne me souvenais pas que nous ayons autant à fêter ! S’ajoute à cela des desserts crémeux à n’en plus finir et une cuisson au micro-ondes, on ne sait pas si notre estomac résistera longtemps ! Heureusement elle adore aussi les fruits. Impossible de lui donner un coup de main aux fourneaux, elle a à cœur de nous préparer chacun de nos repas végétariens, et nous sert comme des rois ! Incroyable générosité. Mais mamie Mila aime à jurer. Surtout quand elle a un peu trop bu. Elle trouve bien des choses et des gens stupides : « stupid phone » « stupid journalist » « stupid people » « stupid country » et même sa propre famille en prend pour son grade… elle a aussi une grande aversion pour les gens de couleur, et chaque jour nous avons le droit à ses « bloody asian people » « bloody chinese people ». Une personne de peau noire est évidement un Africain selon elle. Elle est persuadée qu’un jour les blancs se retrouveront à vivre dans des réserves et nous la sentons toute agitée. Il est parfois difficile de garder son calme. En discutant nous apprenons que Mila a dû fuir la Pologne avec son mari et ses deux enfants il y a plus de 35 ans, elle s’est retrouvée immigrée durant 2 années en Italie, et a eu une vie aussi remplie que difficile. Des mamies Mila nous en avons rencontré d’autres sur notre parcours… des personnes adorables, généreuses, le cœur sur la main, parce que nous avions la peau blanche. Est-ce que cette générosité a moins de valeur ? Est-ce que leur racisme en est moins grave ?

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Hobart c’est aussi son musée d’art moderne « Mona« . C’est un musée qui fait polémique ici et à l’international parce qu’avec ce qui est exposé, on se demande parfois si c’est vraiment de l’art. Cet Art a aussi une autre saveur quand on sait que le propriétaire est un homme d’affaire multimilliardaire et qui a fait ses débuts de fortune dans les paris et jeux. Les foules se ruent littéralement ici pour voir cette machine à faire des crottes, ce tatouage sur cet homme, ces moules de plâtre de sexe féminin, etc.

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Hobart marquera le point extrême sud de notre périple. C’est un peu un cap atteint, une étoile que l’on suit de nombreux mois et qu’on est tout surpris d’atteindre déjà. Nous avions prévu de faire la transition avec une retraite VIPASSANNA. Cela signifie « voir les choses telles qu’elles sont réellement ». C’est une des plus anciennes techniques de méditation de l’Inde. Elle a été enseignée en Inde il y a plus de 2500 ans comme un remède universel destiné à soigner les maux universels, un Art de Vivre. La technique de Méditation Vipassana est enseignée lors de cours résidentiels de 10 jours pendant lesquels les participants apprennent les bases de la méthode, et pratiquent suffisamment pour faire l’expérience de ses résultats bénéfiques. Le centre de Tasmanie est l’un des nombreux existant dans le monde consacré à la pratique. Il en existe un en France et quelques autres en Europe. Bon la méditation, nous savions déjà un peu à quoi nous attendre mais nous angoissions plutôt sur le « noble silence ». C’est l’interdiction de communiquer avec les autres étudiants, communication non verbale y compris : pas de contact des yeux ou pas de politesse. Extrait de mail à la sortie : « Les mots sont difficiles à trouver pour exprimer ce que nous avons expérimenté là-bas. C’est un peu à l’image de ces 2 dernières années, ce fut très intense, inattendu, incroyable, insupportable, parfois cela nous a poussé dans nos derniers retranchements et nous avons tous les deux fait un grand voyage intérieur et finalement relativement différent. Pour moi, l’absence de communication a été, contrairement à ce que je pensais avant, d’une grande aide. C’est par certains aspects difficile d’atterrir d’autant plus que la suite s’annonce haute en émotion ».

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La Tasmanie sonne pour nous la fin d’une phase de vie et c’est le moment de passer au chapitre d’après. Nous avons la tête entre les 2 continents, la tête dans les cartons et c’est un peu difficile d’être dans le moment présent. Pourtant qu’est-ce qu’il est difficile de réaliser ce que nous vivons, et ce qui nous attend ! Oui ce retour nous agite pas mal avec la ribambelle de questions qui va avec. Nous nous préparons à vivre un décalage sans trop savoir à quoi nous attendre. Nous savons que tout est impermanent et que nous aurons beaucoup changé. Nous savons que le ré-attelage posera son lot de questions et s’accompagnera de son cortège de sensations bonnes ou mauvaises.

Toujours est-il que de notre côté aussi l’excitation commence à monter : on rentre !

Les grains 2 selles remontent en selles !

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Nous commençons l’année en beauté. Fanny vient nous rendre visite quelques jours dans notre ferme. Nous l’avions rencontré à Wondaï, elle faisait partie de la Spoon Team (cf. article août). Bien heureux de ces retrouvailles nous passerons du bon temps : visite de la petite station de Bright, promenades-safari, crapette, cuisine. Nous aurons la chance de voir une maman wombat et son petit, des « blacks wallabies », et des renards. Nous partagerons également de belles discussions. Fanny nous impressionne par sa maturité, son ouverture d’esprit, sa curiosité et son écoute. A seulement 21 ans, nous lui donnons facilement quelques printemps de plus. Voilà 6 mois qu’elle voyage seule en Australie. Plus d’une corde à son arc, elle rentre en France pour intégrer l’Armée de Terre et travailler sur les systèmes d’information géographique.

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Après 3 semaines dans « notre » ferme, il est temps pour nous de rendre les clés (que nous n’avons jamais eu, ici on ne ferme jamais) et de quitter chiens, chats, cochons, moutons et chevaux, ainsi que leurs adorables propriétaires. Nous prenons la route de Melbourne : il est temps de vendre notre van, et plusieurs futurs acheteurs nous attendent. A peine arrivés dans la banlieue Est, Penny trouve déjà de nouveaux propriétaires : Mellit et Sarah, un couple de breton. Nous ne pouvions rêver meilleurs acheteurs tant ils ont été parfaits. Tout se fera simplement et dans une belle ambiance. Ils nous inviteront même à diner et les échanges iront bons trains.

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Avant de leur donner les clés nous profiterons du van 10 jours de plus. Nous commencerons le rab par un week-end autour du fort Nepean. Nous irons ensuite visiter le bureau d’Etudes Trisled (www.trisled.com.au) où Benoît espère donner un coup de main durant la semaine. Ben Goodall a commencé cette production de vélo spéciaux il y a maintenant plus de 15 ans. Trisled est connu pour une vélomobile bas coût à monter soi-même en panneaux sandwich ou son « Rotovélo », une vélomobile en plastique, moulée par centrifugation comme un canoë ou des réservoirs d’eau beaucoup produits dans la région. Ben est surbooké et n’a pas vraiment le temps de m’initier à la construction de vélo spéciaux. Comme tous ces passionnés de l’extrême, il est souvent difficile de trouver plus de quelques heures dans leur emploi du temps : dommage ! L’atelier ressemble plus à un garage où de nombreux concepts de vélo tous plus incroyables les uns que les autres sont alignés sur les bords. Nous parlons transport en général, transport à vélo en particulier et comparons l’Europe et l’Australie. Nous arrivons tous les 2 à la conclusion que les vélos spéciaux sont une niche et qu’il n’est pas encore envisageable que tout le monde abandonne ne serait-ce que sa seconde voiture pour se mettre au vélo. Les bénéfices pour les cyclistes et pour la société seraient immenses, alors, nous gardons tous les 2 espoirs. Du coup la semaine de développement de vélo se transforme en une semaine studieuse à préparer notre retour. Chaque soir, nous posons le camion en bord de mer, et nous exclamons de cette chance. Chaque matin c’est un bonheur de se réveiller sur la plage, et de petit déjeuner « les pieds dans l’eau ».

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Devoirs terminés, nous passerons notre dernier week-end sur Philipp Island, à côté de French Island. L’idée est d’aller à la rencontre des plus petits manchots du monde. Ils ne mesurent qu’une petite quarantaine de centimètres et leur pelage est bleuté luisant. Mais ce que nous ne savions pas, c’est qu’il est possible de les observer tout près de Melbourne ! Nous ne regretterons pas notre escapade, l’île est magnifique et nous avons pu approcher les bébés manchots de vraiment près. Quel incroyable animal ! Ils se nourrissent de petits poissons, de calmars, et de krill pour lesquels ils voyagent et plongent la majorité de leur temps. Les pauvres juvéniles attendent donc toute la journée leurs parents, partis chasser dès le levé du soleil et jusqu’à la nuit tombée. Par chance ils peuvent être deux, mais pour ceux qui sont seuls, les journées semblent bien longues. A partir de 18h-19h, certains impatients sortent de leur nid et attendent le repas. Chaque couple creuse une cavité. Mais il y a de fortes inégalités dans les logements et si certains habitent des nids vu sur mer, d’autres se trouvent en bord de route.

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Comme d’habitude, le tourisme de masse viendra ternir l’atmosphère. L’île est très touristique grâce à la présence de ces manchots, et le seul endroit gratuit pour observer ces petites créatures sera bondé. Bien sûr nous sommes les premiers à jouer ce jeu. Mais nous ne partageons pas tous la même philosophie. Ici peu de touristes viennent découvrir ce qu’est un manchot. La plupart viennent seulement prendre des photos. Ils s’arrêtent quelques minutes, les regardent à travers leur écran de téléphone portable, hurlent de joie d’avoir le selfy du jour « so cuuuuute » oublient d’enlever le flash, et courent au nid suivant, toujours rivés derrière leur écran. Nous avions l’impression que les visiteurs en oubliaient qu’un manchot est avant tout un être vivant, et non un objet de muséum. Nous repartons écœurés, avec ce sentiment étrange de se sentir plus proche de manchots que de nos propres confrères, et ce dégoût qu’une fois de plus la nature n’est qu’un capital loisir et financier. Nous n’avons que peu parlé du tourisme de masse dans nos articles. Mais ce sujet à alimenter de nombreuses discussions. Nous reviendrons en France profondément choqués et tristes par le comportement de ce type de tourisme, dont nous ne sommes pas complètement étrangers nous-même. C’est à chaque fois une belle leçon de l’égocentrisme humain.

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Ces 10 derniers jours de voyage en van nous vaudront nos plus beaux bivouacs. La région sud-est de Melbourne est splendide. Nous nous installons en ville quelques jours dans le superbe appartement de Suzanne, notre warmshoweuse. Encore une fois, nous ne pouvions rêver mieux. Elle ira jusqu’à nous donner les clés de chez elle, et après 4 nuits nous deviendrons de parfaits colocataires. Planning chargé, nous ne passerons que deux soirées avec elle, mais ce fut un plaisir d’échanger sur le voyage à vélo (elle revient de 10 jours en Tasmanie) sur le féminisme, l’Australie, le couple… Son appartement croule sous les médailles : marathon, triathlon, et même iron man, ce petit bout de femme est une vraie machine ! Suzanne habite à 2 kilomètres de l’embarquement du « Spirit of Tasmania ». Elle nous escortera sur son bolide. De quoi finir en beauté cette rencontre. Elle a pour projet de tout quitter elle aussi pour partir voyager à vélo et vivre quelques années en Europe, avant de retrouver sa Nouvelle-Zélande natale. Rendez-vous en France Suzanne !

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A Melbourne nous retrouvons à nouveau Fanny, pour une après-midi de visite : Bibliothèque centrale, Cathédrale Saint-Paul, Galerie Nationale du Victoria et le traditionnel dernier étage du Sofitel pour la vue sur la ville. A 3 sur le tandem nous en ferons sourire plus d’un, nous compris. Nous y serons pendant l’Open d’Australie et profiterons des transats et écrans géants mis à disposition partout dans la ville pour l’occasion. Cette Capitale-Etat a comme Sydney les pieds dans l’eau. Les régates, les wind-surfeurs, et kite-surfers s’en donnent à cœur joie. Ce sont dans ces grandes villes qu’il est le plus facile de se doucher, car leurs plages disposent de douches fermées. Il se dit que c’est la ville la plus Européenne d’Australie et c’est vrai que nous retrouvons de vieilles pierres et un nombre incroyable de cafés. Les magnifiques églises peinent aujourd’hui à exister au milieu de ces buildings modernes. C’est un étrange mélange architecturale. Nous y arriverons en pleine canicule. Mais ici les variations de température sont peines croyables et vous passez de l’hiver à l’été en quelques heures ! Tout dépend d’où vient le vent : du désert, ou de l’Arctique ! Michael nous fera gentiment visiter l’Enterprize, son vieux gréement qui appelle au voyage en équipage. Responsable du projet et animateur d’un réseau de bénévoles, il fait vivre ce patrimoine maritime australien : chapeau ! Il nous parlera de la rencontre historique entre les bateaux d’exploration français et anglais à la fin du 18ième siècle aux portes de Melbourne. Ils se porteront en respect mutuellement là ou leur dirigeant leur exigeaient à l’époque le combat.

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Clés du camion rendues, nous voilà à nouveau cyclo-voyageurs ! C’est à la fois un pincement au cœur, un soulagement, de l’excitation, de l’appréhension et une grande fierté. Le 26 janvier nous embarquons sur le ferry avec ce sentiment de quitter l’Australie. Quel incroyable voyage aurons-nous fait en terres australes. A se remettre en selles, nous aurons la vague impression que cette expérience en camion n’aura été qu’une parenthèse, un claquement de doigt, un doux rêve… et pourtant, nous ne sommes pas près d’oublier ces 8 mois. Ils nous marqueront bien plus que nous ne l’imaginions.

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Nous naviguerons le jour de l’Australia Day (Fête Nationale) ! « Ah … c’est donc pour ça que les billets étaient si peu chers! « . La date commémore l’anniversaire de la création de la colonie britannique sur le sol australien. C’est en 1788, sur les terres de l’actuelle ville de Sydney, que le capitaine Arthur Phillip vint planter le drapeau de la couronne britannique. Autrement dit, ils fêtent l’invasion des colons et le début de la fin pour les Aborigènes. Jour férié, il est de tradition de se retrouver entre amis ou en famille autour d’un barbecue. C’est une fête très démonstrative et très animées dans les rues. Cependant, celle-ci est de plus en plus controversée et il n’est pas bon partout de sortir son drapeau national. Ainsi, des manifestations parallèles ont été organisées depuis les années 90 afin de protester. D’autres noms sont alors donnés à ce jour, tels que Invasion Day (le jour de l’Invasion) et le jour de la survie. Des propositions ont été faites pour modifier la date, mais celles-ci n’ont pas abouti. En août 2017, trois conseils municipaux de Melbourne votent pour un changement de date. La ville d’Hobart apporte également son soutien à ce mouvement. Début 2018, le leader des Verts, annoncent que son parti ferait dorénavant campagne pour changer cette date. Le chemin est encore long mais les consciences semblent se réveiller.

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Les australiens nous manqueront, entre autre parce que :

  • Ici, au supermarché, le personnel de caisse vous dit « bonjour, comment vas-tu ? » avec le sourire. Et ça marche dans les deux sens ! Fanny se mettra aux coutumes locales et nous étonnera par ses « salut mon pote, ça va ? ». Il arrive même que la personne vous appelle « darling » ou encore « honey ». Nous, nous ne nous y ferons pas… mais nous amusons à imaginer ce que ça pourrait donner en France.
  • Curieux et chaleureux, ils sont polis, souriants, et respectueux
  • La simplicité administrative (excepté pour l’obtention des visas et titres permanents)
  • La jolie cohabitation entre les divers styles de vie
  • L’incroyable sentiment de sécurité (pas de portique dans les supermarchés, vous pouvez laisser vos voitures et maisons ouvertes, personne ne viendra chiper votre pull oublié sur la plage…)
  • Leur politiquement correcte (qui peut aussi pesé sur le long terme, mais à court terme, c’est quand même chouette. Personne ne viendra émettre son avis ou vous faire une réflexion sur votre coupe de cheveux, votre régime alimentaire, votre nouveau tatouage, votre épilation, votre façon de vous habiller, votre absence de chaussure etc. Quand aux sujets épineux comme la politique par exemple, il est possible d’échanger des points vus forts différents sans jamais lever le ton ou perdre le sourire.)
  • Leur audace (sûrement en partie lié à l’absence direct de jugement, les australiens, et sûrement anglo-saxon, ont une capacité à oser qui nous émerveillera. Lancer son business, recommencer si on a échoué, chanter dans la rue, organiser un événement, ils ne semblent avoir peur de rien !)
  • Le climat
  • La nature (animaux, vie sauvage)
  • Les avocats (et autres fruits locaux)
  • Leurs toilettes publics toujours propres, avec du papier et très nombreux
  • Les barbecue en libre accès
  • Et tellement d’autres choses…

Mais tout ne nous manquera pas, tel que :

  • Les voitures qui restent stationnées sans couper le moteur
  • La nourriture bio est rare et extrêmement chère
  • Le respect strict des règles (pas facile pour les français)
  • Le tri sélectif trop peu courant
  • Leur « tout business » (tout est occasion de faire du fric)
  • Leur racisme affiché
  • Leur politique ultra libérale et protectionnisme (ici pas de problématique de migrants puisqu’ils n’en accueillent quasiment pas)
  • Les distances
  • L’absence de culture architecturale, culinaire…
  • Le tout voiture et l’absence de respect envers les cyclistes
  • Leur télé (ici, il y a des publicités toutes les 10 minutes (!), les images sont beaucoup plus rapides et les messages ne sont pas subliminaux. Tout est permis aux informations, y compris les images les plus gores et les plus violentes. Ils ne diffusent essentiellement que des programmes de divertissement. Bref, leur télé nous a donné mal à la tête !)

Non d’un diable, en avant pour la Tasmanie !

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ROAD TRIP 3 : Entre retrouvailles et découvertes

Avec quelques photos. Désolé de l’oublie !
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Lismore : première étape de ce dernier road trip. Nous rendons visite à Jo. Rencontrée au « Wild Space » lors de notre workshop (cf. article Byron Shire), Jo est ce genre d’héroïne que nous pensions exister que dans les livres. Il y a de cela deux ans environ, Jo a décidé d’arrêter d’utiliser de l’argent. Oui, Jo fait parti de ces rares personnes dans le monde qui vivent sans argent. Nous avions lu le livre de Daniel Suelo mais jamais nous pensions avoir la chance un jour de rencontrer ce genre de personnage vivant pleinement ses idéaux. Bien sûr, notre petite voix mesquine dans notre tête n’a cessé de se faire entendre pour la titiller avec des questions du genre : « n’as-tu pas l’impression de profiter du système ? » « penses-tu que ce soit viable si tout le monde se mettait à vivre comme toi ? » « n’es-tu pas dépendante des autres ? »… bref, toutes ces remarques qui montrent que son engagement dérange, parce qu’il fait échos en nous à certaines choses que nous ferions mieux de régler plutôt que de lui chercher des poux. Son choix de vie est juste exemplaire. A chacune de nos questions, elle a su répondre, avec bienveillance, et parfois larmes aux yeux. Son engagement se vit au quotidien et dans la durée. Ses convictions écologiques, humanistes, mais surtout son rôle de mère, l’ont amené à changer radicalement sa manière de vivre. Années après années, ses efforts ne lui semblaient plus à la mesure des enjeux planétaires. Pour elle, malgré tous les sacrifices qu’elle a dû faire, et qu’elle fait encore aujourd’hui, c’est le moyen qu’elle a trouvé pour vivre en accord avec ses valeurs, et son moi profond. Pour lutter contre le système, il est selon elle plus facile d’abandonner l’usage de l’argent. Jo vit dans une roulotte, cuisine au rocket stove, fait du troc, récupère dans les poubelles, se déplace à vélo ou en stop, n’utilise que l’essentiel… c’est chaque jour une aventure, un défi, une liberté, de nouvelles contraintes à apprivoiser. Jo a la cinquantaine. Elle est soutenue par ses parents et sa fille. Elle tient un blog (https://jolowimpact.wordpress.com/). Elle a aujourd’hui des fans qui lui donnent parfois bien plus que ce dont elle a besoin. Elle nous partage « j’ai une vie plus simple et plus remplie qu’avant. Je ne suis plus dans le superflu, je touche l’essentiel« . Cette étape chez elle marquera notre voyage. Nous nous sentirons bien petits face à cette grande dame du monde alternatif.

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Notre route vers Sydney est l’occasion de poursuivre notre récolte de coquillage incroyable, de faire des gazouillis aux kangourous.

Nous passerons une journée à crapahuter dans les Blue Mountains, l’un des sites les plus visités en Australie et c’est vrai que c’est « beautiful ». Chaîne de montagnes de grès, c’est un terrain de jeu illimité, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Elles doivent leur nom aux émanations de la forêt d’Eucalyptus qui les recouvrent. Three Sister, Grand Canyon… nous nous en mettrons pleins les sens.

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A Sydney nous retrouvons Akina, une japonaise qui avait partagé notre Workaway à Crystal Water (cf. article septembre). Le temps d’un pique nique, elle nous fait découvrir son quartier et sa plage (Coogee beach). La ville abriterait plus de 200 plages et autres criques plus belles les une que les autres. Nous en resterons bouche bée. Imaginez venir surfer avant ou après le boulot, boire son café en costard cravate les pieds dans l’eau, faire sa zumba sur la plage… bref, rien à voir avec nos bords de Seine. Sydney est le parfait symbole du « life style » à l’australienne. Difficile de les prendre au sérieux avec un cadre de vie et de travail aussi paradisiaque dans la plus grosse ville du pays (5 millions d’habitants). Imaginez Londres ou Paris à la place de Biarritz… Bienvenue au paradis citadin ! Bon bien sûr, Sydney c’est aussi une banlieue qui fait « pétez les plombs » à tout automobiliste qui se respecte, c’est une ville si étendue qu’on peine à se croire encore à Sydney (est ce que vraiment Palm Beach fait partie de Sydney ?), c’est sa City avec ses buildings, et c’est surtout son splendide Opéra qui est à la hauteur de sa réputation (Il est quand même recouvert de carrelage…). Nous arriverons plus que facilement à nous garer à Coogee Beach et même à y passer la nuit, avec douche gratuite dans les toilettes publiques. Nous visiterons la ville à vélo, fichtre que c’est vallonnée Sydney !

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Le lendemain nous retrouverons Juli du « Wild Space » (cf. article Byron Shire). Elle nous fait visiter l’incroyable école privée Kinma dans laquelle elle a travaillé ces dernières années. Cette école expérimentale encourage les enfants à penser par eux-mêmes, à développer la coopération et toute sorte de compétences peu classiques en primaire. Et ce dans un environnement non compétitif et qui respecte l’individualité de ses membres. Laïque, mixte et à but non lucratif, Kinma veut montrer la voie de l’enseignement centré sur l’enfant où professeurs, parents et élèves partagent les décisions sur le programme éducatif. Ce programme prend en compte la compréhension du développement de l’enfant. Quatre jeunes filles nous feront une visite guidée et nous serons impressionnés par leur bagout. C’est l’école dont tout enfant rêverait: elle est en pleine nature, le décor est coloré et créatif, le personnel nombreux, à l’écoute, et bienveillant. Les cours sont variés, les espaces d’apprentissage diversifiés et les tous petits jouent au milieu des poules dans leur jardin de récréation.
Malheureusement, avec l’absence de mixité sociale et culturelle pourtant voulu au départ, cette école aurait tendance à reproduire les classes sociales. Autrement dit, aussi géniale soit-elle, cette école expérimentale est devenu une école de riche, pour les riches, un cercle fermé qui n’éveillerait pas beaucoup plus les consciences. http://www.kinma.nsw.edu.au/index.php

Juli nous mettra en contact avec Andrew, un australien qui vit sur l’île de Scotland Island (nord de la ville) et qui depuis une vingtaine d’année, participe à la régate hebdomadaire du mercredi soir. Génial, nous sommes mercredi ! Nous voilà à bord de Response, pour une course regroupant une soixantaine de bateau. Est-il utile de mentionner que Benoît est aux anges ? Nous arriverons 9ème au classement réel (sans handicap) et il va s’en dire qu’ils ont eu de la chance de m’avoir en équipière sur leur avion de chasse… (Pour prendre les photos.) David, le second, nous prend d’amitié et nous invite dans sa maison de famille, à Palm Beach. Et voilà comment finir une incroyable journée en terrasse, à siroter un verre de vin blanc, vue sur l’Océan Pacifique. Merci, merci. En rencontrant la bonne personne, une seule et unique personne, l’effet boule de neige magique du voyage se déroule tout seul, et nous n’avons plus qu’à sauter sur les belles occasions offertes sur des plateaux d’argent.

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Nous quittons déjà Sydney, il nous faut avancer. L’étape vaut le coup, mais la ville reste la ville et nous nous sentons plutôt ras des champs. Nous passons une nuit chez Bernd et Marit, deux allemands expatriés en Australie depuis une trentaine d’années. Nous les avions rencontré à Litchfield National Parc, au sud de Darwin. Ils nous avaient gentiment proposé de passer voir leur petite ferme si nous roulions dans le coin. L’invitation n’était pas tombée dans l’oreille de sourds. Nous passerons une super soirée à refaire le monde et échanger nos points de vue. Nous nous retrouvons sur les questions écologiques, mais les médecines alternatives ne semblent pas de leur goût. Bernd et Marit ont souhaité quitté leurs racines, car ils n’envisageaient pas d’élever leurs enfants dans cette vieille Europe polluée (pluies acides & co) et « nucléairement » dangereuse (Tchernobyl). « C’est très bien d’avoir des convictions, mais vous savez, la vie nous montre que parfois la réalité de l’existence rattrape l’Utopie et la dépasse souvent…! « 

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Nous partons à la recherche des Wombats ! C’est un mélange de marmotte et d’ourson, de la même famille que le Koala. Au free camp, dans la Kangarou Valley, il est possible d’en voir très facilement. A la nuit tombée, ils sortent de leur terrier, et viennent brouter le gazon, ou se gratter le dos au parc choc du camion. Leur ouïe et leurs yeux ne seraient pas des plus développés. Mais leur odorat si. Assez craintifs, ici, ils sont habitués à tortiller des fesses au milieu des caravanes, et viennent jusqu’à nous. Ils n’ont pas peur de nous frôler. Mais ces pauvres peluches vivantes ont la galle. Il ne faut donc pas les approcher de trop prêt… comme tout animal sauvage de toute façon. A croire que je ne le savais pas encore, je me ferai gentiment sermonnée par un gardien. Mon égo en prendra un coup. Comme quoi ça arrive même aux meilleures ! Décidément, l’Australie abrite vraiment des créatures sorties tout droit de dessins animés.

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Nous passerons un week-end à Canberra, la Capitale. Cette ville aussi semble une vaste blague à l’australienne. Le site a été choisi comme capitale en 1908, comme compromis entre les deux villes rivales de Sydney et Melbourne. On peut tout de même dire que Melbourne a perdu (elle se situe à moins de 300 kms de Sydney). Nous aurions pu choisir de continuer par la côte est, mais nous voulions voir cette drôle de capitale et profiter de ses musés gratuits (nous recommandons la visite du Parlement, du National Museum et le site d’observation spatial de la Nasa). Ville verte, de petite étendue, elle ressemble à tout sauf … à une capitale. Pour dire vrai elle est faite de quelques bâtiments administratifs et de beaucoup de rien. On notera de grandes avenues et un immense lac en son centre où les activités nautiques s’en donnent à cœur joie. Le gouvernement est le principal employeur, mais la plupart des parlementaires ne vivent pas sur place. La population serait de 400 000 habitants mais nous les cherchons encore ! Ce qui nous marquera surtout, c’est l’ambassade officieuse des Aborigènes. C’est un campement installé en face de l’ancien parlement. Il nous fait penser à une ZAD (Zone A Défendre). C’est l’occasion d’échanger avec des militants qui espèrent un jour retrouver leurs terres volées et leur culture détruite. Extrait de correspondance sur notre expérience australienne : « Nous vivons ici comme si nous venions d’atterrir sur Mars. Nous sommes transportés par la nature si différente, si sauvage, si belle. Des insectes, aux oiseaux, des mammifères aux poissons : tout est si particulier. Nous traversons ces espaces qui dépassent l’entendement. Ce sont des milliers de kilomètres sans présence humaine, où la nature sauvage règne en maître : le bush ! Nous arrivons sur la côte Est et découvrons la « RainForest », la forêt tropicale vestige d’un temps difficile à concevoir. Chaque animal observé mériterait à lui seul des pages et des pages pour expliquer ce que nous voyons. C’est dans ce contexte que nous nous connectons à la culture Rainbow puis à la culture aborigène. Et là, bienvenue dans un nouvel univers. Les aborigènes d’Australie sont aujourd’hui dans une situation peu agréable, n’ayant jamais signé aucun traité avec les envahisseurs anglais. Ils considèrent toujours être assiégés par des étrangers qui leur ont apporté la faim, la guerre, la souffrance et le travail. Leur connexion avec la nature est interpellant. C’est évidement un lieu où la magie prend place et où il est impossible de rester indifférent. Les aborigènes croient que l’existence d’une âme ne s’arrête pas au corps physique mais qu’elle existe avant et après. Ils vivent en communion avec tous ces esprits et savent communiquer avec eux. Quand on connait la situation catastrophique de ce peuple aujourd’hui ravagé par l’alcoolisme et la violence il est impossible de poursuivre son chemin sans garder dans son cœur une profonde amertume et injustice. Cette culture vieille de plus de 32 000 ans a tout simplement été vandalisée et exterminée en l’espace d’un siècle dans une sauvagerie et une incompréhension mutuelle qui fait froid dans le dos. Nous avons ressenti de la honte et de la colère. La société australienne est aujourd’hui cette schizophrénie d’une culture plus ancienne que tout ce qui existe sur cette Terre et d’un « progrès » cherchant à maximiser les profits. La tension est palpable et la réconciliation reste la dernière possibilité. »

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A nous les Alpines Mountains ! Elles ressemblent plutôt à nos Pyrénées (prétentieux ces australiens). Le décor est splendide et nous sommes bien heureux de retrouver les montagnes (surtout en campervan). Nous avons peine à imaginer les versants sous la neige, et pourtant, les stations de ski apparaissent au gré de l’altitude. Nous bivouaquerons face au Mont Kosciuszko, le sommet le plus haut du pays (2 228 m) et finirons même par voir des névés ! Cette chaîne montagneuse s’étend sur 3 États et comportent de nombreux parcs nationaux. D’immenses incendies (parmi les plus grands que le pays ait connu) en 2006-2007, ont recouvert les monts d’arbres morts. Ceci rend le décor très particulier : à la fois glauque et merveilleux. On croirait même au loin que les crêtes sont saupoudrées de neige.

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Heureux propriétaires d’une ferme d’une vingtaine d’hectares, nous cohabitons désormais avec chiens, chats, chevaux, moutons et cochons pour les fêtes de fin d’année. Contre nourriture et soins deux fois par jour, nous disposons gratuitement de la maison. Nous voilà maître à bord pendant que les vrais propriétaires (adorables et à l’accueil plus que chaleureux) partent fêter Noël en famille sur la côte. Ils appellent ça du house sitting (ou farm sitting dans notre cas). Assez répandu à travers le monde, nous sommes fan du concept. L’occasion pour nous de poser, pour la première fois depuis 20 mois, nos bagages, pendant 3 semaines, dans un « chez nous ». Une longue « todolist » nous attend pour rattraper notre retard (articles, films, mails) et préparer la suite du voyage (Melbourne, vente du camion, départ en Tasmanie, retour en France). Mais c’est surtout des vacances à la campagne que nous vivons !

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Nous fêterons Noël tous les deux, avant d’entamer pour 5 jours une détox. Une quoi ? Pendant qu’une bonne partie de l’humanité se goinfre nous avons fait le choix de tenter de découvrir ce que le mot « faim » voulait dire. Notre organisme aurait régulièrement besoin d’une « pause » pour se régénérer. En puisant dans ses réserves, il va effectuer un nettoyage profond. Cette expérience était pour nous importante et tellement évidente pour les gens que nous côtoyons ces derniers temps. Mais pour vivre ce genre de diète nous nous rendons rapidement compte qu’il vaut mieux avoir un mental d’acier, ou, comme nous, s’isoler et se tenir loin des tentations. Chaque matin et midi nous avalions nos jus de légumes/fruits et le soir, nous nous faisions nos bouillons de légumes. Le but était de n’avaler que le jus, sans pulpe ni morceaux. Nous complétions « nos menus » de boisson à base d’argile, de fibres ou de Moringa. Nous avions été coachés par Estelle (cf. article Byron Shire) qui en a déjà fait et a travaillé dans ce domaine. Elle nous avait prévenu. Les 3ème et 4ème jours seront les plus difficiles pour moi. Benoît souffrira davantage de la faim mais restera en meilleure forme. Par contre, le 5ème jour c’est l’extase. Nous nous sentons légers, dynamiques, pétillants. Nous ferons même chauffer le Tandem !

Malgré cet isolement, à 90 kms du premier super marché, et dans un village de 300 habitants, nous n’avons pu refuser la proposition d’Emma, la fille des propriétaires. Nous voilà invités à la soirée du Nouvel an au Pub de Swift Creek. A la vue alléchante du menu turque et avec une invitation aussi sympathique, ça aurait été de l’ordre de l’héroïsme (ou de la bêtise) de refuser. Après une nuit de mature réflexion à rêver d’oignons confits, de tagines, et autres poivrons grillés, nous avons donc dit OUI. Ce fut une expérience interculturelle aussi inattendue qu’intéressante. Nous nous attendions à une rencontre des habitants du country australien, mais ce n’était pas vraiment ce que nous avions imaginé. Notre voisin d’en face aura un accent très difficile à comprendre. Quand il apprendra notre façon de voyager il nous dira « it’s so stupid » ! Hum… de quoi, d’être venu en Australie à vélo ? A 21H, le repas était plié, et le concert de rock ne poussait pas vraiment au déhanchement. A 22h30, nous nous retrouvons malgré nous à faire du baby sitting. Nous voilà seuls face à 6 petits garçons, dont nous ne connaissons pas les prénoms et qui n’ont pas l’air de bien savoir pourquoi nous sommes là. Au bout de 30 min, 5 des 6 bambins sont en larmes, et appellent leurs mamans. Bon, mais c’est bien pour ça que nous voyageons non ? Pour ce genre de choc interculturel ! Ouf, juste avant minuit, nous voilà rentrer au calme dans notre ferme, un peu sonnés par ce drôle de réveillon.

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Allez zou, 2017 c’est du passé, une nouvelle année commence, celle qui annonce notre retour en France. Bonne Année et Meilleurs Vœux !