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Permaculture Community Crystal Water

(Album photo en ligne)

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« C’est une maison bleue adossée à la colline, on y vient à pied, on ne frappe pas, ceux qui vivent là ont jeté la clef… » Je me souviens avoir chanté ça étant plus jeune autour du feu et je n’imaginais pas que ça pouvait exister réellement quelque part. Sauf que dans la chanson, ils ont oublié les kangourous … !

C’est au milieu de ces marsupiaux que nous faisons notre première trace dans cet étonnant éco-village. La mère fait traverser les plus jeunes, les pattes arrières de son dernier petit dépassent de sa poche. Les oreilles sont tendues et pivotent sur elles-mêmes, ça se gratte, ça broute, ça boxe et à priori notre présence ne les dérange pas tellement. « Heu Virginie, ce serait pas mal que t’avances, tu bloques la route et il y a deux voitures qui attendent derrière ». Nous poursuivons notre safari sur cette petite route qui serpente dans la colline et saute d’un petit lac au suivant. Impressionnante cette forêt recouvrant les versants ! « Oh, regarde ces hautes herbes toutes desséchées … ». La terre se découvre à certains endroits, elle est toute craquelée. On dépasse le cimetière communautaire et de temps en temps, des maisons nous apparaissent au milieu de la végétation. Ce sont des maisons à formes bizarres, en dôme, en patchwork, en carrousel ou soucoupes volantes, qu’elles soient en bois, en terre, en paille ou en poussière d’étoile. A croire que la maison bleue ici c’est aussi la maison du rêve d’enfant et qu’il nous est difficile même de décrire ce qu’on voit. Ce mélange de nature et d’imaginaire, niché au creux de la vallée, qu’est ce que c’est beau ! Peut-être que le soleil se couchant et notre grande envie de découvrir ce lieu aura joué sur notre perception ? A moins que ce ne soit les magiques Glass House Mountains de la région ?

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Un mois plus tard, c’est avec une émotion intense que nous quitterons ces mêmes lieux. Sautant de maison en maison pour dire au revoir, c’est presque à la nuit que nous prendrons la route là où nous étions supposés partir en fin de matinée. Crystal Water, ton esprit de liberté, de créativité et d’indépendance vit toujours. Merci de nous avoir ouvert tes portes et ton cœur. Merci, merci !

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Crystal Water est une communauté fondée il y a plus de 40 ans. Elle s’étant sur plus de 260 hectares sur les flancs de collines. Elle est bordée par 2 rivières et comporte 83 lots d’habitation privés ou vivent un peu plus de 200 personnes. Ces lots de 1 acre (0,4 hectare) accueillent à certain endroits plusieurs maisons et très couramment des caravanes, des bus, des containers ou des cabanes. Ces lots sont répartis par groupe de 4 à 6, ce qui en font des spots de quelques maisons distribués sur l’ensemble du terrain. Jusque là ça a l’air super cloisonné et ça ne ressemble pas tellement à l’idée qu’on avait d’une vie communautaire. Il ne faut donc pas oublier les autres lieux comme le marché, la boulangerie-pâtisserie, la salle de cinéma, la salle à manger et le carrousel, une zone de jeu pour les enfants. Il est important de dire que tout le reste du terrain est géré par le conseil et qu’il existe une coopérative de travail attenante et indépendante. Cette coopérative compte un boulanger, quelques ateliers de mécanique, de travail du bois, de grands jardins potagers et même une bambouseraie. La vie communautaire est multiple et propose à libre participation un repas partagé le vendredi soir, suivit d’une séance de cinéma. Il est sympa d’aller le samedi matin prendre une petite pâtisserie et un café en allant chercher son pain au levain cuit une fois par semaine. Il y a un marché tous les premiers samedi du mois. Ah oui, il y a aussi les falafels chez Yaev et Bec le lundi soir, les soirées bière du vendredi soir chez Gordon ou la séance de jeu collectif des enfants du mardi matin, qui est d’ailleurs plutôt un prétexte pour que les jeunes parents puissent échanger. Cette vie au sein de la communauté nous a semblé presque un minimum tellement ce lieux est finalement isolé. Le premier village est à 25 kilomètres avec une côte que nous n’avons même pas osé faire à vélo. Cet isolement fait aussi son charme mais dans un même temps repose les questions d’autonomie et d’occupation de l’espace. Tout ces temps communautaires nous ont permis de nous faire une idée plus précise de la manière dont les gens vivent ici et d’en découvrir un peu plus sur le passé de ce lieu. Bon, comme partout, il y a l’histoire officielle et il y a aussi ce qu’on a pu comprendre. Et il faut dire que parfois c’est plutôt croustillant. Il nous était difficile d’imaginer cette poignée de hippies épris de liberté et vivant sur le terrain, leur idéal de vie. Comme toute société, nous constatons des rapports de pouvoir, des désaccords de fond et des comportements que nous ne comprenons pas. Pendant que nous serons là, deux feux se déclareront à une semaine d’intervalle et quasiment au même endroit, et vu que tout était archi sec …

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Cet éco-village est l’un des plus anciens en Australie et dans le monde. 40 années de vie communautaire c’est finalement … beaucoup de temps. Nous comprenons que le lieu a été très attractif pour des personnes cherchant un beau cadre de vie et ayant de gros moyens financiers. Les enjeux de plu valus des terrains ont aussi ici pas mal divisés. Un bon nombre d’idéalistes ont quitté les lieux et critiquent aujourd’hui ce qu’il est devenu, mais nous trouvons qu’il reste toujours cet esprit initial d’une manière ou d’une autre.

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Cette communauté est connue dans le monde pour la permaculture ((Définition http://asso.permaculture.fr) « La permaculture est une méthode de conception permettant de créer des environnements répondant aux besoins des êtres humains, tout en respectant la nature. La permaculture s’est dans un premier temps concentrée sur l’établissement de systèmes agricoles durables («agriculture permanente»), avant d’élargir son champ de vision à toute la société («culture permanente»), au travers par exemple de ses systèmes agricoles, socio-culturels, industriels ou financiers. La conception permaculturelle (design en anglais) est basée sur l’observation et la reproduction des écosystèmes naturels. Elle se fait par une approche systémique, qui vise à interconnecter les éléments du système conçu grâce à des principes d’efficacité énergétique, pour créer des environnements durables, résilients et répondant aux besoins de tous les êtres vivants« ). C’est vrai que nous nous attendions à des jardins vivriers dans tous les coins. Nous noterons tout de même une initiative forte intéressante de redémarrage d’un jardin partagé et quelques personnes vivant de leur workshop et de leurs bouquins sur leur savoir faire permacole. Plus nous passerons de temps et plus nous constaterons que la permaculture c’est aussi un mode de vie, un rapport particulier à la nature, à l’espace et aux autres. Alors est-ce qu’une communauté en permaculture a forcément ses terrains remplis de légumes ?

Jardiner, arroser, fendre du bois, ramasser les feuilles, cuisiner, débarrasser un hangar pour mieux le ranger, daller un parterre, déplacer des pierres, retaper des bancs et les repeindre ou encore débroussailler seront les activités que nous mènerons lors de notre première session de workaway chez Scott. Il habite ce magnifique cottage depuis 15 années et vit des revenus d’une Guesthouse. Il utilise Air’BnB et fait cohabiter des locataires longue durée avec des vacanciers ou des voyageur d’un soir. Il expérimente largement l’échange non marchand et le troc. C’est dans ce cadre là qu’il prend des « woofeurs » qu’il héberge et nourrit en échange de 5h de travail par jour. Scott est un joueur de didjiridou et possédait dans le passé un commerce en ligne de slide didji, des tubes télescopiques en plastique permettant de moduler la note de vibration et de le transporter facilement. Merci pour l’initiation.

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Ce que nous avons adoré, c’est cette petite rivière en contre-bas. Ouhaou, que c’était dépaysant : cette eau fraiche et vivifiante et ce calme au milieu des oiseaux, des marsupiaux et des moustiques. Nous avons aussi beaucoup aimé rencontrer les personnes gravitant autour du lieux comme Mathiew et Eri, lui New-Zélandais et elle Japonaise et venant s’établir en Australie pour commencer une nouvelle vie. Il y avait aussi Lili et Francesco, elle chilienne et lui argentin, en pause entre deux formations pour devenir Chamans en Amérique du Sud. Les peintures de Lili nous fascineront, tout comme leur joie de vivre, et l’énergie qu’ils dégagent. Nous aurons aussi rencontré Anja et Lotte, des woofeuses comme nous, allemande et hollandaise, et avec qui nous avons partagé des discussions passionnées sur le monde et l’être. Ou encore Alexandre et Aurélie un couple de suisses en tournage d’un film sur la permaculture. C’était une vraie auberge espagnole !

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Notre seconde expérience s’est faite au numéro 38 chez Po Meï, une brésilienne-australienne née en Bolivie de parents chinois. Vous suivez ? Po Meï est une de ces personnes au grand cœur et qui a le sens de la communauté dans la peau ! Pour nous, elle fait vraiment vivre l’esprit communautaire sur Crystal Water. Elle aura vécu plus de 10 ans en cumulé ici et a acheté un petit terrain il y a quelques années. Son haut de colline lui procure un coup d’oeil sur la vallée sans équivalent. Elle habite aussi le terrain extrême de l’une des deux routes, et dans la tête ce n’est pas pareil. C’est un bal de wallabies, de perroquets, de serpents et même des daims qui rythmeront nos journées. Pas besoin de télévision ici, les reportages animaliers se passent en direct dans le jardin ! Les activités tournent autour de sa caravane à retaper, son bus à peindre et son jardin. Akina, du Japon, sera notre compagne de route. Nous peindrons et rangerons la terrasse de la caravane, referons les clôtures du jardin, taillerons la vigne et ferrons une pergola en bambou et brelage pour le plaisir d’un pied de fruit de la passion. Notre petit plaisir était notamment la cueillette d’orange au petit matin pour un smoothie ou un cartier à pleines dents.

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Po Meï a eu à cœur de nous faire découvrir les personnes qui comptent pour elle au sein de la communauté. Nous la remercierons jamais assez pour ces extraordinaires rencontres que nous ferons. Nous passerons un peu de temps avec Les à la boulangerie à façonner du pain et des viennoiseries. Nous visiterons Gordon pour faire/boire de la bière. Et irons passer 2 après-midi chez Lesli et Peter pour leur donner un coup de main. Ces personnes âgées, à la santé fragile nous laisse imaginer aussi ce que peut-être une fin de vie dans ce genre d’endroit.

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C’est avec un grand sourire que nos journées se déroulèrent à Crystal Water. C’est vrai qu’à première vue ce lieu nous semble un bon compromis entre vie communautaire et vie privée. Le partage avec les autres reste facilité mais est laissé libre. Nous nous sommes sentis très bien accueillis et nous avons pu pour la première fois depuis des mois lier de vraies relations. « C’est un petit poumon qui respire et où il fait bon vivre… » me lance Virginie quand je lui demande quelques mots pour définir ce lieu. Alors on reste aussi ici ? Ou alors, peut-être qu’on reviendra, non ?

Les grains 2 selles se séparent !

Après 16 mois et 2 semaines ensemble (je vous laisse calculer le nombre de jour), il était grand temps que chacun prenne l’air ! Décision bien difficile à prendre, mais que nous recommandons vivement 😉
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Pendant que Benoît reste chez Scott, je m’échappe de Crystal Water pour passer quelques jours chez Anne à Maleny (la ville d’à côté). Française expatriée depuis plus de 20 ans en Australie, nous l’avons rencontré à notre arrivée dans la région, au Mélany Music Festival, où nous avons été bénévoles quelques heures contre entrée gratuite. Anne est pour nous une femme qui inspire. Après un parcours chaotique mais incroyable, elle a aujourd’hui 2 magnifiques filles de 17 et 19 ans qui parcourent le monde. Elle s’apprête elle-même à tout quitter pour un retour aux ressources d’une petite année en France. Engagée, elle milita dans le passé contre l’implantation du super marché de Maleny. Aujourd’hui, elle plaide la cause des immigrés et envisage de passer quelques semaines dans un camp de réfugié en Grèce. Proche des aborigènes, travailleuse sociale, sa maison est toujours ouverte et voit défiler quotidiennement de sympathiques personnes.
Anne est Gestalt-thérapeute. Et contre quelques heures de ménage et de jardinage, j’aurai le droit à une consultation.

Qu’est-ce que la Gestalt-thérapie ? « C’est à la fois une approche thérapeutique, et un ensemble de pratiques visant un changement personnel, psychosocial et organisationnel. Cette approche thérapeutique est centrée sur l’interaction constante de l’être humain avec son environnement. Elle s’intéresse à la manière dont cette interaction prend forme et tente de mettre du mouvement lorsque cette forme est figée et répétitive. En effet, le terme allemand « Gestalt » se traduit par « forme », au sens de « prendre forme », « s’organiser », « se construire ». La Gestalt réhabilite le ressenti corporel et émotionnel. Elle place le patient comme acteur du changement, et la relation comme moteur de ce changement. Certaines formes de thérapie sont centrées sur le pourquoi et recherchent l’origine du traumatisme : « thérapies de l’amont ». D’autres courants, tel celui de la Gestalt-thérapie, sont des « thérapies de l’aval » : en laissant de côté les origines de nos blocages, ces thérapies cherchent à libérer le comportement, à « déboucher la rivière » et « nettoyer les berges », pour lui permettre de couler plus librement. » (source Wikipedia)

Grâce à elle, je redécouvrirai également la Constellation Familiale et Systémique !

C’est une méthode de thérapie familiale transgénérationnelle. Méthode d’approche phénoménologique qui met en lumière les conflits personnels et familiaux issus de l’inconscient familial par le biais de jeux de rôles et de psychodrames. En gros vous choisissez des personnes dans l’assemblée qui joueront les membres de votre famille. Vous expliquez en quelques mots le contexte familiale et posez une intention (je souhaite comprendre…). Vous n’avez plus qu’à regarder ce qui se joue devant vos yeux. Ces étrangers deviennent tout à coup père, mère, soeurs, frères, ancêtres… et ressentent et expriment ce que votre propre famille vit. Complètement effrayant car totalement magique, ça semble un formidable outil pour dénouer des conflits familiaux, réparer/corriger des traumatismes, renouer des liens, pardonner, comprendre, accepter…

 

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Nous revoilà sur la route, direction Brisbane. Notre descente vers le Sud continue !

Références :

S’attacher et s’arracher

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Avez-vous déjà…
– pique-niqué avec des kangourous
– évité de justesse d’écraser un gros serpent
– petit-déjeuné avec une pie
– fais la vaisselle aux côtés de lézards géants
– marché sur une raie en voulant vous baigner
– bu une tisane en observant des platypus (ornythorynx)
– fais un barbecue en compagnie d’une vache
– observé des baleines jouer au large…
Et tout ça dans la même semaine ?
Australie mon Amour !
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Nous prenons donc la route du grand Sud et quittons ce nord Queensland qui ne nous aura pas laissé indemne. Nous y laissons une famille, celle de Konrad, ce polonais expatrié depuis 15 ans en Australie qui nous a abordé et accueilli chez lui comme de vieux amis. Même après 15 mois de voyage nous nous émerveillons encore de l’incroyable générosité et ouverture de parfaits étrangers. Ces quelques jours chez lui, aux côtés d’Alex, un germano-russe voyageur qu’il a pris sous son aile, de son fils Antone, de sa belle sœur, de son ex femme, de Mamie Mila qui elle nous attend chaleureusement en Tasmanie, ont été extra-ordinaires et resteront comme un petit coin du feu dans notre cœur. Comment pouvons-nous nous sentir en famille auprès de parfaits inconnus ? Comment peut-on se sentir chez soi dans une maison étrangère ? Comment peut-on se sentir aussi connectés et proches en si peu de temps et en ne parlant pas la même langue ? Nous nous sommes quittés en essuyant les larmes de Mamie Mila, mais nous n’en menions pas large…

Ce nouveau road trip est pour nous l’occasion de partager nos émotions, d’échanger nos impressions, de digérer surtout, et de nous retrouver aussi. Pas toujours facile de vivre ces expériences fortes à deux. Le voyage en couple c’est un voyage en soit. Un voyage dans le voyage ! Un vrai challenge. Ces 15 mois H24 ensemble se font sentir. Moins la tête dans le guidon, le voyage en van laisse plus de place à la communication. C’est tout le monde qui évolue : l’individu et le couple.

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Nos premiers jours consistent à faire des micro sauts de puce d’une plage à une autre… décidément les grains2selles n’ont pas envie de partir. On en profite pour se faire des balades à la journée. La côte est splendide, coup de cœur pour Mission Beach. On se sent un peu en vacances. Puis on se décide à appuyer sur le champignon : Cardwell (sa super bibliothèque et son incroyable marina), Townsville (nous recommandons le belvédère sur la ville), Airlie Beach (très décevant car très touristique), la plage de Cape Hillsborough (au top pour approcher les wallabies), Mackay, Eungella National Park (pour admirer les incroyables ornythorynx), puis à Ilbilbie tournez à gauche et aller bivouaquer à Yarrawonga point, le plus magnifique des free camps ! Rockampton (belvédère très décevant), oublier Gladstone, une ville portuaire horrible dont nous avons malheureusement besoin. Faites un détour par Agnès Water et le Joseph Banks Conservation Park (plage de rêve et baleines), puis par Bundaberg (pour la production locale de Ginger Beer et les sorties nocturnes en été sur la plage de Mon Repos Conservation Park pour observer la ponte des tortues de mer). Ici nous piquons plein Est pour rejoindre Wondaï où notre second workaway nous attend (oublier le Lake paradise).

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Nous avons trop rapidement quitté la Rainforest… bye bye les cassowaries et autres fruits à profusion. C’est une route vallonnée et de plus en plus aride qui nous surprend, l’impression d’être revenu dans le bush. Mais c’est beau et les quelques points de vue sur la mer et ses innombrables îles sont à couper le souffle. Maison abandonnée, champs de cannes à sucre, prés, nous guettons les bivouacs sympa et ne seront que très peu dérangés.

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Le soleil brille toujours autant, c’est juste incroyable de se lever chaque matin sous un ciel bleu. Mais les températures descendent et les soirées et nuits peuvent devenir glaciales. Oui parce que quand même, nous sommes en hiver ! Nous l’avions oublié.
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Nous enchainons les kilomètres et c’est pour nous l’occasion de se reconnecter à notre Société. Nous faisons chauffer l’auto radio avec les Podcast de France Culture et nous réjouissons de pouvoir nous « cultiver » autant.

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Et sinon… avez-vous déjà… grimpé à des cascades – fait des courses au supermarché – crapahuté à un belvédère… à jeun ? On l’a testé pour vous et on vous le déconseille. Nous avons profité de cette dizaine de jours pour enfin tester le jeûne, 36 heures par semaine. Et la 1ère fois fut rude pour les estomacs et les têtes car nous avions oublié de ne rien faire ^^ expérience forte intéressante pour le mental, on recommande pour la santé ! Et si certains d’entre vous se demandent si nous ne sommes pas tombés sur la tête, voici un article et un début d’émission forts intéressants sur le jeûne :

Bon fini la glandouille, nous posons nos roues sur un terrain d’environ 8 hectares, au milieu de la forêt et des animaux, où l’incroyable projet de Stuart & Miranda prend forme depuis une année. 15 jours géniaux à les aider à construire leurs maisons en Pisée, à jardiner, à cuisiner. Les métiers du bâtiment n’ont plus de secret pour nous (ou presque). Nous nous formons, nous nous sentons utiles (la plupart du temps), nous rigolons (beaucoup), progressons notre anglais, et vivons en parfait harmonie avec cette petite communauté de volontaire. Pas besoin de se briffer, tout fonctionne naturellement, c’est magique. Les soirées autour du feu sous les étoiles sont un régal. Nous décernons le meilleur prix à la douche chaude extérieure vue sur les lumières de la ville. C’est la course à l’échalote pour le dîner, chacun donne le meilleur de soit-même, fini l’alimentation saine, notre panse déborde de petits plats bien gras et bien cuit, avec une mention spéciale pour les pizzas au feu de bois ! Notre fierté sera la création d’une magnifique table pour le futur four à pizza, véritable oeuvre collective, et des cuillères en bois, confectionnées par nous-même pour laisser une trace (mon poignet s’en souviendra longtemps). Fanny, Amélie, Gaspard, Gilles, Stuart, Miranda, et Doby nous ne vous oublierons pas ! Spoon team for ever !

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« Le voyage s’est s’attacher et s’arracher »… on s’arrache difficilement d’ici… tellement que Gaspard n’y est pas parvenu depuis 5 mois ! Mais un autre workaway nous attend. Alors on ne réfléchit pas trop, on saute dans le Van, et une nuit plus tard, arrivons à Crystal Water près de Maleny, où nous passerons 3-4 semaines. Heureusement que nous sommes 2 ! C’est quand même plus facile pour gérer les départs…

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Bonne rentrée à vous !

Nous venons de passer 15 jours géniaux à Wondaï, où nous avons participé à l’incroyable projet d’auto-construction de Stuart & Miranda (maison en pisée), aux côtés de leurs formidables volontaires (spoon team dédicace). Les métiers du bâtiment n’ont plus de secret pour nous (ou presque) Nous faisons notre rentrée à Cristal Water pour 3 autres semaines de Workaway. C’est une communauté où vivent plus de 200 personnes. Bientôt un nouvel article !

Bonne rentrée à tous !

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Immersion en culture Rainbow

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Le gros soleil rouge et ovale vient de tomber d’un coup derrière la montagne. Une épaisse couverture d’humidité enveloppe petit à petit la cabane de Prem, installée au coeur de la « rainforest ». De grosses goutes sont suspendues aux toiles d’araignée, les étoiles s’allument ardemment sur l’ensemble de l’arche céleste et la nature s’endort dans des jacassements et des trépignements à n’en plus finir. Il est 6 pm et nous allons bientôt partager le dîner vegan avec nos amis festivaliers de Prem’stock : curry de citrouille, sauces à bases de feuilles sucrées, de fruits à coque et d’agrumes, des galettes de lentilles, du lait de coco, des fruits tropicaux à profusion et des boulettes de chocolat bio, de saison et locales qu’une équipe a confectionné toute l’après midi. Jeff prend la parole pour remercier Prem, ce septuagénaire plus libre que la brise. Dans la tradition rainbow, il met à disposition sa ferme tropicale pendant plus de 10 jours à l’occasion de son festival annuel. Ce festival est gratuit, sans alcool, sans drogue, sans café et entièrement vegan (sans produit d’origine animal). Chacun est invité à amener avec lui fruits et légumes. Il explique combien ce rassemblement est important pour récolter des graines qui prendront place dans ce sol si généreux. Jeff remercie aussi toutes ces personnes bénévoles sans qui ce festival n’aurait jamais pu avoir lieu. Il demande une ovation pour l’équipe de cuisiniers : autogestion, progression personnelle et envie de partager avec le groupe. Il invite à une dégustation de durian, « the king of the fruits ». Ceux qui en ont déjà mangé comprendront ce qualificatif. Jeff est un de ces passeurs de graines, un rôle central de l’autonomie alimentaire pour ne pas se rendre dépendant des marchands. Il explique que le brevetage du vivant est tout de même curieux et que nous devrions prendre cette affaire au sérieux !

Difficile de définir le style vestimentaire à base de plumes, de pantalons larges, de gros bijoux : un mélange d’un genre gothique, psychédélique, baba cool, indiens, cosmonautes et certains sont nus comme des vers.

Tout ce petit monde cohabite sans se connaître et en cherchant à partager un même idéal. Il n’y a pas de chef, pas de programme, pas vraiment de règle et chacun apporte au groupe ses savoirs et ses compétences dans un joyeux bordel. On préfèrera s’appeler « Bro » ou « Sister » plutôt que de retenir les prénoms.

J’ai adoré aujourd’hui le slam didjiridou-percussions, le yoga-partner ou la séance de musique-chants-méditation (Reiki) hors du temps et de l’espace et qui en a fait pleurer plus d’un. Il faut dire que la cueillette de champignons bleus a bien aidé…

Bon mais revenons-en à nous moutons. Notre arrivée dans le « Tableland » se fait fin juin, par Mt GARNET, une petite ville perdue au milieu du bush avec sa pompe à essence, sa supérette, son terrain de criquet et son poste de police. L’ironie du voyage c’est que nous ne savons pas à ce moment que c’est un vrai village de passage et que nous allons y revenir quelques semaines plus tard poussés par le … destin vous dites ?

Le « Tableland » c’est comme ça que les australiens appellent ces hauts plateaux coiffant la chaine de montagne bordant toute la côte Est. C’est vrai que vu de l’espace cette longue chaine de montagne doit ressembler à un serpent. Le Tableland est un lieu arrosé où le climat ressemble plus à la Bretagne qu’au désert que nous traversions seulement 100 kilomètres auparavant. Les montagnes culminent à 1500 mètres ici et la plupart des hauts plateaux sont entre 600 et 1000 mètres d’altitude. Nous sommes frappés par ce changement de climat en quelques dizaines de kilomètres quand nous aurons roulé des milliers pour voir quelques légères évolutions depuis Darwin. Ce sont des prairies et des troupeaux de vaches laitières qui ont remplacé les arbustes secs et les kangourous. La côte est quant à elle recouverte de la « Rainforest », une magnifique forêt tropicale. Le parc national de Daintree est le plus emblématique. Elle contient 3 % des espèces australiennes de grenouilles, de reptiles et de marsupiaux, et 90 % des espèces de chauves-souris et de papillons d’Australie. 7 % des espèces d’oiseaux du pays peuvent être trouvées dans cette région. Il y a également plus de 12 000 espèces d’insectes dans la forêt tropicale. Toute cette diversité est contenue dans une zone qui représente 0,1 % de la surface de l’Australie. (Source Wikipédia). Et on peut vous assurer que cette diversité animale et végétale c’est une expérience. Elle a clairement dépassé notre imagination. On voit de ces tellement drôles de bêtes que c’est difficile de faire son touriste blasé. Virginie voulait voir des « Cassowaries », ces sortes de gros oiseaux dinosaures. Cet animal divinisé dans la culture aborigène a un cou à peau pendante comme un dindon mais coloré, de grandes pattes robustes comme une autruche, une corne aplatie sur le dessus de la tête lui donnant d’ailleurs un air pas très finaud et des poils rêches plus proches du balais que de la plume. Oui, animal divinisé parce qu’il mange de nombreuses graines et son estomac ne digère que la gangue de protection. Il fait donc sortir de ses déjections la rainforest. Nous l’avons pisté et flairé pendant plusieurs jours sans réussir à trouver même une trace. C’est sur une plage touristique sans chercher à lui serrer la patte que nous ferons connaissance : hé, mon morceau de pain, bon ok garde le !

Ce petit point climat nous semblait nécessaire pour comprendre pourquoi la communauté rainbow a posé son sac à dos ici. Pour y avoir vécu quelques semaines c’est un véritable petit paradis. Il y pousse tous les fruits tropicaux : bananes, cocotiers, cacao, café, papaye, goyave, fruit de la passion, ramboutan, Jack fruit, Custard apple, rollinia, les sapotes noires ou blanc, des corossols, durian, les melons, les citrons, pomelos, mandarines, oranges ou avocats. La région est plantée également de canne à sucre à perte de vue. Il y est donc possible de vivre ici dans cet idéal de liberté et d’autonomie à commencer par … l’autonomie alimentaire !

Nous voilà donc arrivés sur cette côte Est australienne. Ce sont des milliers de kilomètres en camion accumulés et il était probablement raisonnable de se faire porter ainsi pour pouvoir prendre le temps de se poser. C’est l’occasion d’un petit tour de vélo pour se dégourdir les patounes, devant le tandem, ça frétille ! Après une semaine de tourisme d’Atherton à Cape Tribulation en passant par Cairns, nous commençons le 1er juillet notre tournée des « workaways ». Nous passons quelques jours avec des particuliers dans un échange de bons procédés. Nous donnons 5 heures de travail journalier pour le gîte et le couvert. C’est aussi l’occasion de découvrir une activité, d’améliorer notre anglais et surtout de faire de belles rencontres. Notre première expérience se fera chez Zalan, un autre septuagénaire. Nous partagerons des cours de yoga en matinée et un mode de vie inédit. C’était une belle expérience. Nous sommes contents de la rencontre mais très déçus sur l’activité. Zalan, notre hôte, nous a initié à la « raw food », la cuisine crue, à raison de 2 repas par jour. C’est un Vegan convaincu qui a leadé le mouvement dans les années 80/90 en Australie. Son sanctuaire est absolument sans produit animal et il n’est pas question d’y faire rentrer même un bout de cuir ! Le midi ce sont fruits, sous toutes ses formes (glaces à tomber par terre, jus succulents, etc.) et le soir végétaux et fruits. On se régale !

Extrait de correspondance : « Aussi fou que ça puisse paraître, ce voyage culinaire en terrain inconnu devait nous faire de l’effet : et ça marche. Ce serait long à raconter mais nous avons découvert une toute approche à l’alimentation qui la transcende complètement et qui serait plus une philosophie de vie, une approche plus respectueuse de nous et de l’écosystème qui nous entoure. Pour nos esprits cartésiens, il est parfois difficile de suivre mais après un passage en Thaïlande, il nous manque la pierre « Indes » pour vraiment comprendre. Il prétend que la cuisine crue développe l’intuition et permet de mieux gérer ses sensations de faim. Elle permet aussi d’avoir le meilleur de chaque aliment et de ne pas en perdre dans le processus de transformation. La cuisine transformée (cuite notamment mais aussi avec du sel, du sucre, du poivre ou autres sauces) nous permet d’en avaler plus parce que notre corps est un peu trompé et ne ressent plus que la sensation de satiété. On prend du recul sur toute l’industrie agro-alimentaire et même sur toute la culture gastronomique, notamment française. Nous nous leurrons nous même dans nos choix culinaires. C’est juste incroyable d’étaler des fruits sur une table et de voir lequel tu as le plus envie : c’est celui qu’il te faut. Mais la vue ne suffit pas, il faut utiliser tous ses sens et ça, nous ne l’avons jamais appris ! On travaille en mangeant cru sur les notions de possession, de plaisir et surtout sur l’estime de soi. Incroyable ! »

C’est de rencontre en rencontre que nous sommes invités sur ce festival ou « Rainbow Gathering «  (Rassemblement Rainbow). C’est Lougaya, une française pétillante rencontrée sur un marché qui nous proposera de venir vivre avec elle cette expérience. Elle nous propose également un workshop pour se fabriquer des mocassins en cuir, plutôt sympa ! Nous échangerons sur nos projets de vie et elle nous partagera sa prise de conscience, sa décision de na pas finir ses études, de quitter la France et surtout la construction de sa communauté de vie dans la jungle indonésienne. C’est une démarche profondément alternative (avant gardiste ?). Elle nous inspire, du haut de ses 23 ans.

Les « rainbow gathering » sont ces rassemblements qui se déroulent tout autour du monde mais font légion en Australie. C’est vrai aussi que le peuple australien représente à merveille cette palette de couleurs de l’arc-en-ciel. Oui, si c’est à la couleur de peau qu’on peut penser en premier, on nous dira un jour que c’est le seul pays ou existent ensemble Jésus, bouddha, Mahomet, le Vodou, la Pacha Mama, les Serpents, Babylon et la carte bleue sans frais ! Ce multiculturalisme fait la richesse de ce « nouveau » pays. Nous trouvons qu’ils ont une ouverture spirituelle intéressante. Cette culture rainbow mixte et vivante a pour objectif la paix. Dans un pays ou les natifs ont été longtemps exterminés ou poussés dans des réserves c’est enfin un message porteur d’espoir.

Et c’est d’ailleurs par quelques petits pas en terres aborigènes que nous quitterons la région de Cairns. Nous avions rencontré Konrad, un natif polonais en Australie depuis plus de 15 ans avec qui nous nous étions liés d’amitié. Il nous avait parlé de cet « Energy Camp », à Mt GARNET. Alors même si ce fut un détour, nous ne regrettons pas d’avoir passé 2 soirées au coin du feu à écouter des histoires. Ces personnages nous inspirent et témoignent d’une culture ancestrale puissante, du mépris d’un colonisateur blanc sans limite, d’une profonde non-violence et d’une envie de fraternité. Nous avons autour du feu le premier champion d’Australie aborigène de boxe et aujourd’hui avocat, le descendant direct du dernier roi des 220 tributs aborigènes et une activiste aborigène de renom « Black Diamond ». C’est petit à petit que nous découvrons ces personnages si charismatiques et si discrets. Ce camp ouvert à tous a pour objectif une rencontre sociale autour du conte et du partage d’expérience. « Tant qu’il y a du feu, il y a de la parole… ». Le concept nous semble pertinent à souhait et nous nous sentons biens. La magie se met en place petit à petit. Nous comprenons l’inconcevable richesse d’une culture vieille de 10000 ans et qui n’a pas encore perdu le lien avec la nature. Amasser des noisettes sur un compte en banque ne les intéresse pas plus que passer des journées à travailler. Ils ont trop de respect pour la vie pour la gaspiller à ce genre d’activités. Ils replacent souvent l’Homme comme un simple habitant de cette Terre au même titre que les autres êtres vivants. Le mot « Magie » vient souvent à leur bouche pour exprimer des pouvoirs, ou tout simplement des savoirs issus de l’expérience et transmis dans la grande tradition des Chamans du Bush.

Au moment de partir, Damian nous remercie d’être passé et à la vue de nos nombreuses questions nous propose de rester avec lui quelques mois. « Vous devriez rester avec moi 6 mois, ce serait parfait pour faire une balade dans la Bush… »

Nous finissons notre passade dans le nord du Queensland par quelques jours à Etty Beach : barbecue, yoga sur la plage et promenade au clair de lune avec nos nouveaux amis rencontrés à Collaboration festival. C’est une nouvelle occasion pour nourrir notre façon de prendre la vie et aussi de quoi avoir à discuter sur la route. Initialement, nous avions prévu de passer une petite semaine dans la région. Après plus d’un mois, à sauter d’un festival à l’autre, de marchés en marchés, de rencontres en rencontres, à vivres de singulières expériences, nous repartons le cœur serré, laissant derrière nous des personnes précieuses.

Pourquoi nous faut-il partir déjà ? Et si on restait ici ? On the road again ? On continue ou on reste ici pour la vie … ? Chiche ?

 

Little news : on the road again

Les Grains2selles prennent aussi la route du Sud, après plus d’un mois passé dans les Tablelands de Cairns (au lieu d’une ou deux semaines ^^). Mais ici le Sud rime avec hiver, donc on va prendre notre temps pour descendre 😉

Après tant de belles rencontres et d’expériences auprès des cultures rainbow et abo(rigène), nous reprenons la route le coeur serré mais excités à l’idée de poursuivre l’aventure et de faire de nouvelles découvertes !

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En attendant le prochain article, voici une très belle émission sur le Voyage ! Plutôt que d’essayer de reformuler leurs propos, nous préférons vous inviter à écouter ces orateurs. Ils expriment parfaitement ce que nous pouvons parfois ressentir et vivre dans notre Voyage. Ils nous aident à mettre des mots sur des sentiments ou émotions parfois difficiles à comprendre ou partager. Belle écoute

Roadtrip to Cairns

Mots clés : soleil, horizon, magie, animaux, baignades, visites, cascades, eaux chaudes, route, étoiles filantes.

Attention, l’Australie se résumant quand même beaucoup au mot « nature », les photos n’en sont que le reflet. Pour ceux qui n’aiment pas les photos d’animaux – s’abstenir !

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Nous prenons la route avec une ribambelle de contact pour faire du Workaway/Wwoofing. Direction Cairns, sur la côte Est ! Presque l’impression de quitter la maison et de partir en vacances ! (3 semaines dans les alentours de Darwin, c’est presque du jamais vu). Nous avons une vingtaine de jours devant nous, et grâce au camion nous pouvons nous permettre de prendre notre temps et de faire quelques détours. Youpi !

Nous passons par le parc national de Litchfield à sauter d’une chute d’eau à une autre. Le Parc, si petit sur notre carte, est immense et nous mesurerons peu à peu le gigantisme du pays. Pour l’anecdote, Darwin est plus proche de cinq capitales étrangères que de Canberra ! Nous passerons quelques jours avec Charline et Florien, deux cuistos français, qui nous narrerons leurs aventures professionnelles. Nous découvrons avec eux le monde de la cuisine étoilée, et notamment celui du Flocon de sel à Megève. De la Grande Cuisine mais avec de bons produits locaux. Passionnant, nos papilles sont en émoies !

Ils nous font tous un peu peur avec leur désert et leur no man’s land, alors nous ravitaillons le camion comme à la veille d’une transat. A raison de 80kms/h pour des raisons économiques et écologiques, la vitesse nous laisse le temps d’apprécier un paysage peu diversifié… toujours aussi cramé. Tout de même nous quadruplons notre vitesse moyenne, et ça change complètement l’organisation du voyage et la perception des choses. Si pour certain(e) c’est l’éclate, pour d’autre l’adaptation est plus difficile. Sentir les éléments manque. Cette boite de conserve aussi confortable soit-elle n’offre pas les sensations du cyclovoyage et les rencontres font défaut. Sans parler de la consommation de carburant… aïe aïe aïe… N’empêche que pour des tas de raisons, le camion, ça a du bon ! Sur la route nous croiserons quand même des héros : un couple de quinquagénaire qui est passé près de chez nous l’été dernier. Rendez-vous est pris à Melbourne. Un jeune allemand voyageant seul. Et un couple de… tandémiste ! Nos premiers. Nous passerons plus d’une heure à bavarder avec eux autour d’une pause café (made in camion), sur la route, en plein milieu de nulle part. Ils ont quitté leur Italie natale il y a 3 ans pour parcourir le monde. Quelle rencontre ! Dommage, nous n’allons pas dans la même direction. Ces 5 cyclovoyageurs rencontrés sur ces routes désertiques nous laissent songeurs. Si les rencontres se font moindres, elles se font parfois plus marquantes. Notre nouveau destrier a l’avantage d’être un 3 places cette fois, ce qui nous permet de partager quelques kilomètres avec des auto-stoppeurs. Konstantin, jeune russe baroudeur, nous offrira sa vision du monde et de sa Russie. Vision qui précise toujours un peu plus l’idée que nous en avons maintenant, différente de celle détenue par l’occident.

Nous jouons aux touristes et nous arrêtons aux quelques spots que la route offre aux voyageurs : source d’eau chaude de Bitter Springs à Mataranka, bar mythique de Daily Water. A part les « train trucks » (train-camion à 3 voir 4 remorques) et les caravaniers/campings-cars nous ne croisons pas grand monde. La route est si peu empruntée qu’un véhicule sur deux nous saluent ! La plupart des engins montent vers le Nord pour trouver chaleur et soleil hivernal. Malheureusement il ne nous est toujours pas possible de rouler de nuit… comme à vélo nous vivons donc avec le soleil. Kangourou, vaches, il est fortement déconseillé de rouler après le soleil couché, surtout sans par-buffle. Nombre de voyageurs ont plié leur van ou effectué de grosses réparations à la suite de conduite nocturne. Les animaux semblent attirés par la lumière, et le nombre de marsupiaux écrasés est indescriptible. Il nous est même arrivé de voire une maman et son petit expulsé sur le bas côté. C’est vraiment triste à voir. Les rapaces s’en donnent à cœur joie. Ils sont bien dodus !

Chaque soir nous rejoignons les « FreeCamp », des aires de repos gratuites, avec ou sans toilettes, où chacun peut passer la nuit. Nous les trouvons grâce à l’application smartphone gratuite « Campermate », la bible du voyageur en camion.

A Elliott City ce sera le drame. « Quelqu’un » oubliera la balise à la station service. Malgré tous nos efforts, nous ne la retrouverons pas. A Threeways nous piquerons plein Est et découvrons de nouveaux décors. Sur la Barkly Hightway nous connaîtrons nos premiers bivouacs magiques. Certain dise que c’est le petit prince qui allume ces millions d’étoiles et dessine la voie lactée. Ici le ciel semble infini, et nous prenons conscience de la rondeur de la Terre. L’horizon est si dégagé qu’il n’y a pas de doute que la Terre est ronde. Les aurores et crépuscules semblent suspendre le temps. Au petit matin chacun reprend la route. C’est drôle de se croiser/doubler à longueur de journée et de se retrouver le soir aux mêmes endroits. Les australiens sont très amicaux et simples. Alors que nous crevions de chaud quelques jours auparavant, les nuits sont devenus très fraiches, 11 degrés au réveil. Nous ressortons les affaires d’hiver que nous avions enfoui au Laos 6 mois auparavant. Les villes apparaissent comme des champignons. A quelques kms rien n’annonce qu’il y a de la vie humaine. Certaines nous paraissent sans charme et faites de bric à braque. D’autres semblent tout droit sortie des décors de western des studios Hollywoodien.

Nous franchissons la frontière du Queensland. Bye bye le « Territoire de l’Outback ! » Après Mountisa nous bifurquons plein nord et prenons la petite piste qui mène au lac Julius. C’est parti pour 2 jours de rodéo à 30km/h, où nous réalisons notre rêve depuis des mois : se retrouver seul dans un silence total. Nous rencontrerons nos premiers vrai Kangourou – bien plus majestueux que les mignons wallabies – et slalomerons au milieu des troupeaux. MAGIQUE. L’impression d’être en safari mais en pleine nature et seuls au monde. Si la piste est capricieuse nous ne regretterons pas cette petite escapade.

A partir de Normanton le décor change ! Nous rejoignons la Savannah Way. Nous aurions aimé la prendre dès le début, ce qui nous aurait valu moins de km, mais elle n’est pas toujours goudronnée et la taule ondulée trop présente. On nous a déconseillé de la prendre, la saison sèche n’étant pas assez avancée. La verdure recolore doucement le paysage. L’herbe se fait plus haute. Nous retrouvons les crocodiles. A Georgetown nous faisons un petit détour par le sud, pour aller voir les gorges de Copernic où des wallabies se dorent la pilule sur les rochers. La route est chaotique mais splendide. Benoît se trouvera au mauvais endroit au mauvais moment. Il assistera impuissant à la percution d’un zebu par un « train truck ». La vache fera quelques mètres en l’air avant de s’écraser sur le bas côté. Il faudra l’achever au marteau… La vie « into the wild » ce n’est pas drôle tous les jours.

Après Mount Surprise nous faisons un petit arrêt au Kalkani Crater. L’horizon est désormais habillé de vieux volcans, la route ondule, et connaît des hauts et des bas. C’est splendide. Puis nous piquons à nouveau plein nord, traversons Mount Garnet, déjeunons aux Innot Hot Spring : des sources d’eaux chaudes qui peuvent être brûlantes ! Sans nous en rendre compte, nous voilà arrivés dans la région des Tablelands, qui n’a plus rien à voir avec ce que nous connaissons de l’Australie depuis un mois. Mais ça, ce sera pour le prochain épisode !

DARWIN, Petit cours d’Histoire Géo

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Le 19 mai nos roues atterrissaient en Australie, ce pays continent, ce grand Sud, ce bout du monde qui fait rêver tant de personne à travers le monde. L’Australie ou dans sa forme longue le Commonwealth d’Australie (et oui la reine d’Angleterre habille encore leurs pièces de monnaie) est toujours rattachée à l’Angleterre et ce « cordon ombilical » a été réaffirmé en 1999, à la suite d’un référendum.

Vol de nuit sans encombre, nous récupérons le Tandem et la remorque parfaitement emballés, et passons la douane les doigts dans le nez ! Il faut dire que nous avions passé notre dernière journée à Bali à tout nettoyer : tente (dessous, dessus, dedans, arceaux, et surtout les sardines !), duvets, matelas, chaussures, gamelles, vélo (ne pas oublier les gardes boues et les pneu), remorque, bref tout ce qui pouvait être nettoyé est passé sous le tuyau ou dans la baignoire de l’hôtel. Et une journée ne fut pas de trop ! Finalement ce n’était pas la peine de se donner tant de mal, comme la tente et le vélo brillaient, ils n’ont pas cherché plus loin. La guitare en bois de mangue made in Thaïlande ne les a pas fait frémir. Quand on lit les restrictions douanières il y a de quoi se faire des cheveux blancs : outre la nourriture fraîche, il est interdit d’importer des noisettes, des objets en bois, des animaux, des plantes, des graines, des plumes, des coquillages, etc. Sourire en coin, nous les trouvions un peu extrêmes avec leur « île », d’autant que ces restrictions s’appliquent parfois d’un Etat à l’autre. Mais lorsque l’on s’intéresse à l’histoire environnementale du pays, on les applaudit ! La colonisation européenne et la modernisation ont causé de lourds dégâts aux écosystèmes endémiques. De tous les continents, il se dit que l’Australie enregistre le plus grand pourcentage d’extinctions animales dues à l’Homme depuis le 18ème siècle et l’arrivée des hommes, non des occidentaux. Oui, on parle souvent de l’Australie comme un pays jeune, ce qui est le cas sous sa forme actuelle (à peine plus d’un Siècle !). Mais avant que nos ancêtres ne débarquent, et s’approprient ces contrées (vous connaissez la chanson ? C’est toujours le même refrain…) « l’île » était peuplée par des Aborigènes…

Reprenons… nous débarquons donc à Darwin, Capitale du « Northen Territory ». L’Australie est composée de 6 Etats et 3 Territoires. Si le fonctionnement des territoires est comparable à celui des États, le Parlement fédéral peut, s’il l’estime utile, mettre son veto à presque toutes les lois votées par les parlements territoriaux. Peuplée d’environ 150 000 habitants, Darwin, qui porte le nom du célèbre Charles, est une ville moderne, qui fut bombardée par les japonais pendant la Seconde guerre mondiale (ah bon ?). Sympathique, les pieds dans l’eau, elle offre de belles balades le long de la mer de Timor, et des petites marinas de rêve. Elle serait la ville où se produisent le plus d’éclairs orageux au monde, à ce qu’il paraît c’est époustouflant. Mais nous arrivons juste après la saison des pluies et rentrons dans l’hiver australe… nous sommes décidément à l’inverse de vous. Mais ici, la saison « froide » c’est : du soleil, du soleil et du soleil. Des nuits fraîches (20°C^^) et des journées venteuses à plus de 30°C. C’est pour nous incroyable de retrouver un climat sec, archi sec, tellement sec qu’ils passent leur temps à mettre volontairement le feu à leurs forets, pour éviter des feux naturels indomptables. Gestion que nous aurons un peu de mal à comprendre… Mais à part les nuages de fumées qui recouvrent quotidiennement certains endroits de la grande banlieue, et le paysage cramé, c’est un vrai bonheur de découvrir un climat tropical… sec ! Ce serait aussi la ville ayant le plus d’accident liés aux crocodiles (pouvant atteindre 7 mètres de long…). Ca semble être la mascotte, les attractions ne manquent pas, et tout le monde te parle de crocodile. Ici la baignade est interdite… ou fortement déconseillée. C’est noté.

Après quelques coups de pédales dans la ville, nous nous demandons où sont les habitants !? C’est d’un calme que nous ne connaissions plus. Les routes sont larges, la signalisation plus que présente, nous redécouvrons les pistes cyclables. Nous décidons de faire un petit détour par la côte, à Nightcliff. L’eau est turquoise. Les fourmis sont bicolores, vertes et rouges, et très nombreuses. Les oiseaux nous émerveillent. Des Cacatoès banskien (des géants noirs à queues rouges), des ibis, des Vanellus miles (oiseaux avec des babines jaunes), cette faune en pleine ville nous saute aux yeux. Waouh l’Australie, ça promet ! Quelques jours après nous découvrirons nos premiers wallabies à East Point…

Nous prenons la route vers McMinns Lagoon. Nous rencontrons nos premiers aborigènes allongés sur la piste cyclable, semble-t-il en train de dormir (ou de décuver ?). Leur morphologie est très différente de ce que nous connaissons, et nous réalisons que nous ignorons tout ou presque à leur sujet. D’où sortent-ils ? Que font-ils là ?

Les premiers jours sont dédiés à l’apprivoisement de notre warmshower, Kinglsey : 69 ans, géologue, informaticien, fou de vélo, qui vit seul au milieu de « nulle part ». L’Australie c’est beaucoup de « nulle part » : « des villages » où il n’y a que des maisons avec 2 hectares de jardin chacune, et où il faut faire 10 kms pour aller chercher son pain. Nous sommes devenus de parfaits colocataires. Nous lui cuisinions chaque soir des petits plats, regardions les séries télé avec lui, et échangions sur le monde. Lui nous a aidé à prendre nos marques, conseillé, ouvert l’esprit, en plus de nous héberger. Très peu accès à Internet, nous allions tous les jours dans la grande ville intermédiaire, Palmerstone, et faisions nos 40kms A/R par jour. De quoi maintenir la forme ! A vide, sans bagage, nous battions nos records de vitesse. Mais avec Kingsley nous rencontrons notre mentor ! Faisant tout à vélo (sa boîte aux lettres est à Darwin : 80km A/R), avec une vitesse moyenne de 27kms/h, il en est à plus de 300 000 kms à son compteur.

Nous resterons 15 jours chez lui, le temps de trouver le Van qui nous convient et de le mettre à notre nom. Il a été baptisé « Peny », par ces anciens propriétaires car il provoque la chance de trouver des pièces de monnaie. Comme tout marin qui se respecte, on ne rebaptise pas un bateau et nous gardons ce nom improbable (Peny et pas Penis pour éviter tout malentendu). Certain(e) trouve agréable de se poser et de retrouver une vie sédentaire, quand d’autre trépigne d’impatience de prendre la route. Retrouver la « Western Culture » a quelque chose de magique (ou de décevant selon les goûts). On se croirait presque de retour à la maison. « Same same but different ». Ici les 4×4 et autres mastodontes de la route sont légion, les centres commerciaux carburent, 64% des australiens sont considérés comme obèses ou en surpoids et ça se voit, Free n’a pas encore débarqué ici et l’accès à internet reste très cher, le tri sélectif ne semble pas encore connu et beaucoup brulent leur plastique dans leur jardin, bref, nous sommes en pays anglo saxon, et qui plus est en Australie. C’est plutôt l’occidental à l’américaine que nous rencontrons, et c’est un réel changement.

Natives versu Australia White : des générations volées

Nous passerons une très agréable soirée chez Christopher, un autre warmshower. Nos discussions avec lui et Kingsley, nous permettent d’un peu mieux comprendre ce fossé entre « l’Australie blanche » et « l’Australie noire », et ce racisme à peine caché. L’arrivée des colons britanniques sur les côtes australiennes en 1788, sous le commandement de James Cook, sonne le glas de la société aborigène telle qu’elle était établie depuis plus de quarante mille ans. Accaparement des terres, destruction de leur culture, certains parlent même de génocide.

Jusqu’à 1992, la loi britannique puis australienne concernant la terre était fondée sur le principe de « terra nullius », c’est-à-dire que le pays était considéré comme vide avant l’arrivée des Britanniques et, n’appartenant donc à personne, il pouvait être légitimement conquis. On regroupe sous un même terme « Aborigènes » plus de 600 à 700 tribus distinctes, parlant 500 langues différentes (il n’en resterait plus que 18 aujourd’hui) ;

Il faut attendre 1967 pour qu’ils obtiennent la citoyenneté australienne. Avant, ils ne sont rien. Les mairies délivraient paraît-il des permis à tuer, et quiconque en faisait la demande, pouvait à sa guise, tirer sur des aborigènes. Beaucoup ont été confinés dans des réserves sur les terres les plus pauvres. Beaucoup d’enfants auraient été enlevés. Leur complexe système de pensée, connu sous le nom du « Dreamtime », régit toutes leurs interactions sociales. Coupés de cette relation privilégiée avec leur modèle cosmologique, ils perdent tout lien avec leur structure sociale.

Pour les Aborigènes, la terre n’est pas perçue dans une perspective matérialiste mais spirituelle. Leur système de valeurs et de pensée est en complète opposition et, semble-t-il, inconciliable, avec le modèle qu’imposent les Blancs.

Ce n’est qu’en 2008 que le gouvernement s’excusera officiellement pour la première fois des injustices et mauvais traitements subis par les Aborigènes.

Aujourd’hui ils représentent 2 à 3 % de la population totale. Ils vivent en grande majeure partie en dehors de la Société, et cumulent les handicaps sociaux : difficulté d’accession à des logements décents, scolarisation moindre, consommation élevée d’alcool et de drogues, accès difficile aux soins, problèmes d’alphabétisation, espérance de vie réduite et problèmes judiciaires répétés. La somme d’argent que leur verse mensuellement le Gouvernement Australien ne semble pas être la meilleure des solutions pour rendre la dignité à ce peuple ancestral.

Aujourd’hui leur Art est devenu un vrai business, dans toutes les zones touristiques, les magasins d’arts ou autres biblos peints fleurissent. L’emballement pour les DJ Ridoo, aurait même pour conséquence une déforestation catastrophique, causée par des entreprises commerciales.

Il est facile avec tous ces éléments de comprendre leurs ressentiments, leur amertume, et leur désespérance. Nous n’avons pourtant jamais ressenti d’animosité de leur part, ni de regards accusateurs. Pourtant, de part notre couleur de peau, nous portons malgré nous le poids de l’Histoire, et ressentons une réelle gêne à les approcher. Il nous est difficile de les photographier, de rentrer en contact avec eux, quand nous rêverions d’en apprendre plus.

Le décor est planté, il est temps pour nous de découvrir cet incroyable pays. Ses 7 686 850 km2 de superficie représentent 14 fois la France !